La résolution

fadwa-1L’idée a mijoté avec une lenteur extrême, à ce petit feu qui flamboyait au fond de mon âme et dont tantôt l’incandescence me piquait sous l’impulsion de ma belle-mère et tantôt revenait croupir dans un coin où j’ai si peu trébuché. Pour être tout à fait franche, je dois reconnaître d’abord que je ne voyais pas l’utilité de visiter un pays auquel j’appartiens certes mais que je ne connais pas. Quel changement ce voyage pouvait-il induire pour moi ou pour quelqu’un d’autre ? En deuxième lieu, je redoutais de me trouver face aux Israéliens avec leur population, leur armée, leurs check-points, leurs armes et leur occupation. Troisièmement, j’avais peur de moi-même. Qu’adviendrait-il si mon sentiment venait à changer ? Si je n’éprouvais aucun sentiment d’appartenance à ce pays ? Si je ne l’appréciais pas ? J’avoue que la peur s’est emparée de moi, avec aussi un sentiment de culpabilité. Pourquoi maintenant ? Est-ce l’âge ou la maturité ? Le retour aux racines ? Je crois que j’avais besoin de briser en moi-même la barrière de la peur, d’assumer mon droit au retour ne serait-ce que provisoirement, brièvement. J’ai pris ma décision après avoir rencontré Imène du Fonds de secours aux enfants palestiniens, ce mercredi 22 février 2012. Elle m’a appris qu’un groupe de femmes allait se rendre en Palestine en mars et m’a demandé de me joindre à elles. Oui. Je le désirais. Mais en fin de compte, je m’y suis rendue toute seule. Dommage que je n’aie pas pu les rencontrer en Palestine. J’aurais bien aimé rencontrer ces femmes qui m’avaient l’air très intéressantes, pourtant je suis heureuse d’avoir fait le voyage toute seule.

 

 


 

 

Fadwa Qasem

Traduction de l’arabe par Jalel El Gharbi

 

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