5ème promotion de "Béjaïa Doc"


//Habiba DjahnineL'association Cinéma et mémoire, en partenariat avec l'association Kaina Cinéma (Paris), lance la 5ème promotion de "Béjaïa Doc", atelier de formation à la réalisation de films documentaires. Interview de Habiba Djahnine, responsable de Béjaïa Doc.

 

 


 


 

Quel bilan tirez-vous de Bejaïa Doc ? A l'aune de son expérience, quels atouts, quelles limites ?

En chiffre ça donne 22 films documentaires, un coffret DVD qui vient d’être édité par les associations Cinéma et Mémoire et Kaïna Cinéma, des dizaines de projections de ces films dans les festivals internationaux et dans les salles en Algérie, quelques prix, en France, en Algérie, en Tunisie et en Italie.

Et puis surtout le travail de formation qui permet aux stagiaires d’intégrer la filière cinématographique et d’envisager d’y travailler en tant que technicien ou réalisateur.  Peu à peu il y a une nouvelle génération de cinéastes qui émergent ce qui est important dans un pays qui ne possède pas d’école de cinéma.

 

Quel est le public auquel s'adresse ces ateliers de formation à la réalisation de films documentaires ?

Les stagiaires sans pré requis dans le domaine du cinéma peuvent postuler pourvu qu’ils souhaitent construire un regard sur leur société, penser les mutations de leur pays et qu’ils souhaitent surtout intégrer un processus de formation au cours duquel ils apprendront à faire un film documentaire en le faisant et en étant encadré par des professionnels pendant un an.

Les candidats choisis viennent de toute l’Algérie, nous veillons à avoir des hommes et des femmes, des personnes du milieu rural ou urbain, étudiant ou travailleur, ayant quelque chose à dire. Les sujets choisis doivent avoir un lien direct avec l’environnement du candidat.


Pouvez-vous nous parler de réalisateurs formés dans le cadre de Bejaïa doc dont les documentaires sont aujourd'hui connus du public ?

Oui les films de Meriem Achour Bouakaz « Harguines, Harguines » a beaucoup circulé et a été primé. Le film de Aboubakar Hamzi « El Berrani » a été sélectionné dans pas mal de festivals, il y a aussi « Fatah » de Abdenour Ziani ainsi que « J’ai habité l’absence deux fois » de Drifa Mezener. En réalité tous ces films et bien d’autres sont bien accueillis aussi en Algérie par ce que les Algériens sont friands de films qui racontent leur quotidien, ils ont besoin de s’identifier. Nous le savons bien les images aident à penser la société, aident à se penser.


//Scène de migrants dans « Harguines, Harguines » de Meriem Achour Bouakaz

 

Les grands bouleversements que connaissent les sociétés arabes ont-ils un impact sur votre travail et sur les documentaires que vous accompagnez ?

Oui et non, il y a dans certains films que nous avons accompagné, des signes avant coureur de ces bouleversements. Mais en réalité en Algérie les choses se sont passées autrement. Je crois que les jeunes veulent se réapproprier les espaces et ils le font silencieusement, lentement. EN Algérie il y a tellement de choses à construire. Toutes les questions sociales, identitaires, religieuses et philosophiques restent posées, on voit bien tout ça dans le travail des stagiaires. Je dis bien travail, j’aime bien ce mot. Tout est en « travail », à nous de mettre tout ça en forme.

 

Cinéma et Mémoire & Kaïna Cinéma présentent BEJAIA DOC Imprimer Envoyer
Rédaction Bejaïa doc


 

Propos recueillis par Nathalie Galesne

19/09/2012

 

 

 


 

 

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