Requiem marin

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Requiem marin

 

Les eaux couvrent les clameurs du monde

Un soir de rumeurs charriées par les ondes

Quand les frissons des sourires noyés

Éclaboussent les caisses de nos images

Furtives ablutions de l’inconscience des adages

Gravés sur les ponts des carrioles démâtées

Ou requiem marin des peaux éternellement salées

Qui nous dira des flots les insignes sages

 

Heureuse est la mer qui les berce

 

Honte à toi ô négrier du néant

As-tu compté de ta cargaison les soupirs

As-tu conté les rictus des rêves béants

Déposés sur l’autel des sirènes du pire

As-tu cueilli les maux d’une terre assoiffée

D’absolu pour naviguer sur un océan de larmes

Misère des visages aux mines décoiffées

Misérable sort des gladiateurs qu’on désarme

 

 

Heureuse est la mer qui les berce

 

Le reflux cynique du temps assassin

Renvoie du drame les échos vagues

Scénographie d’un récif couvert d’oursins

Qui écorchent une chair livrée aux vagues

Profondeurs élues demeures tombales

Des trésors chéris d'une mer qui les enlace

Fable rythmée par le son grave d’une cymbale

Sentier écumeux des hommes dont on n’a plus de traces

 

 

Heureuse est la mère qui les berce

 

 

Tunis, le 14 février 2011

 

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