Mémoires au présent l’Algérie

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Chroniques et Chants de l’Indépendance. Avant et après.

 

Samedi 15 Septembre, 20H

SALLE DES CONCERTS

Abdou Driassa

Abdelkader Chaou

Cheb Nadim

 

Dimanche 16 Septembre, 16h30

SALLE DES CONCERTS

Ali Amrane

Lounis Aït-Menguellet

Chants sélectionnés par Rabah Mezouane

 

 

Le court cycle "Algérie, Algéries", dans le cadre du cinquantenaire de l'indépendance algérienne, se déclinera en deux temps, soit une soirée, le samedi, et un dimanche en après-midi. Les artistes programmés représentent quatre styles phares algériens et ils interpréteront, outre des titres de leur répertoire ayant marqué les esprits entre 1962 et 2012, des standards et des classiques d'autres grands noms de la chanson algérienne, bien ancrés dans la mémoire collective.

 

50 ans d’indépendance algérienne

50 ans de chanson

 

L’Algérie et ses musiques ont toujours été présentes dans le paysage musical français, mais c’est la première fois, à travers la célébration du cinquantenaire de l’indépendance algérienne, qu’une aussi belle occasion - outre les incontournables connus du grand public -, nous est offerte de mettre en relief des trésors artistiques encore injustement méconnus, si ce n’est par le nom d’une région ou d’un peuple étonnant.

Depuis 1992, grâce au « Didi » de Khaled, et aussi à la reprise du « Ya Rayah » de Dahmane El Harrachi par Rachid Taha, les mélodies algériennes se sont internationalisées. Certaines se sont même fondues, avec aisance, dans le paysage musical français. Des chanteurs comme Faudel, Idir ou Cheb Mami, dont les compositions sont adaptées en plusieurs langues, sont devenus incontournables dans les discothèques ou dans les programmations de divers festivals. Mais, tout cela n’a pas eu que des avantages : le terme « raï », du nom du genre (oranais) par qui tout est arrivé, a fini par désigner tout ce qui sonne « arabisant », occultant (et parfois étouffant) ainsi toute la richesse d’un patrimoine qui ne limite pas son horizon à l’ouest du pays.

C’est pourquoi, pour ce coffret, nous avons délibérément tenu à privilégier également quelques chants et musiques qui ont, rarement, rencontré le public d’ici, fut-il algérien. Certes, au chapitre andalou, les amateurs connaissent bien le malouf de Constantine ou la sana’a d’Alger, mais ils n’ont pas souvent eu l’occasion d’entendre de grands maîtres comme Sid-Ahmed Serri ou Hamdi Benani. Quant à des « monuments » de l’andalou, tels que Hadj Tahar Fergani et Mohamed Khaznadji ou du chant kabyle comme la grande Chérifa, Aït-Menguellet, Idir ou Slimane Azem, les connaisseurs, les amateurs, les admirateurs aiment à les retrouver comme on le fait avec un membre cher de sa famille.

Cependant, le coffret compte aller bien plus loin. Y compris géographiquement, dans sa volonté de faire découvrir tout un répertoire qui a retenti dès les premières clameurs qui avaient accueilli l’indépendance (Rabah Driassa, Khelifi Ahmed, Lamari, Abderrahmane Aziz, Akli Yahiaten…). Cette partie, très ancrée dans la tradition, ne sera pas unique. Elle sera suivie d’une autre plus que symbolique : une série d’hommages appuyés à de grands noms ayant fortement marqué la musique algérienne comme El Hadj El Anka, Cheikh El Hasnaoui, Dahmane El Harrachi, Ahmed Wahby, Fadéla Dziria et bien d’autres…

 

 

Un peu d’histoire

 

Dans les années 1940-1950, deux styles se développent en Algérie : le chaâbi, populaire et le "gharbi" ou folklore oranais, pas encore estampillé "raï". Le premier, jailli de la casbah d'Alger sous la houlette de Hadj Mohamed El Anka, bouscule les normes établies par l'art andalou, emmitouflé dans ses suggestions textuelles surranées (courbes de palmiers, fleurs et fontaines, chevaux et espaces verdoyants), en intégrant des propos plus proches du réel et des instruments (mandole, banjo, piano ou guitare) peu appréciés par les "puristes." La renommée du chaâbi s'étendra jusqu'en France grâce à la virtuosité et à la touche de blues que lui octroiera Dahmane El Harrachi, chantre de l'immigritude dont un titre "Ya Rayah" a été repris par Rachid Taha. Le deuxième, affaire de femmes, se distingue par des mots crus et un rythme bédouin invitant à un déhanchement intensif. Cette ère des Cheikhate sera marquée par Remitti, perçue comme la mamie lubrique du raï, encore en activité.

Pourtant, il a fallu attendre les années soixante-dix pour entendre les premiers bruissements d'une musique maghrébine désireuse d'acquérir un autre statut et une autre stature. Il y eut d'abord ces musiques qui recoupaient une réalité sociale à l'instar de la chanson kabyle. Le poète-chanteur Lounis Aït-Menguellet ouvre le bal en 1968 par des strophes d'amour reflétant un malaise social que d'autres s'obstinaient à occulter par des compositions soutenues par des orchestrations pompeuses, calquées sur le modèle égyptien adopté, un certain temps, par tous les vocalistes maghrébins. Aït-Menguellet s'accompagne à la guitare, un instrument-symbole, qu'Idir, chef de file d'une nouvelle race d'auteurs-compositeurs-interprètes véhiculé par l'imagerie "flower power" des campus américains, popularisera davantage à travers "A Vava Inouva", premier succès international africain, démontrant que l'art n'a pas une une nationalité ou une coloration ethnique figées.

Au cours des années 1990, le raï oranais sort ses griffes et devient le genre dominant sous l'impulsion, notamment, de Khaled et Mami, désignés sous le nom de chebs, c'est-à-dire jeunes, comme leur musique, leur modernité et un public qui leur ressemble, numériquement majoritaire et socialement exclu. En 1987, Cheb Hasni, lâchement assassiné le 29 septembre 1994, lance le raï love, s'adressant plus à l'affect qu'aux hanches.

Les années 1990 ont été celles du hip hop local devenu partie intégrante du patrimoine culturel algérien.

 

Chants patriotiques

 

Bien avant 1962, dans les maquis et dans les foyers résonnaient des chants dédiés à l’indépendance. Les voix de Farid Ali, H’sissen, Warda El Djazaïria ou El Hadj El Anka donnaient du courage au peuple. Par la suite, nombreux furent les artistes qui ont célébré une Algérie libérée du joug colonial. Cependant, la plupart de ces chants alors gravés sur microsillon ou dans les studios de la radio nationale ont disparu du marché et manquent aujourd’hui comme point de repères à diverses générations qui se sont succédées.

C’est pourquoi nous avons jugé utile de faire renaître tous ces anciens succès populaires et toutes ces chansons qui ne sont pas restées dans toutes les mémoires faute d’un passage plus fréquent en radio ou à la télévision. Cela nécessite un immense travail à travers les archives et, pourquoi pas, auprès de quelques collectionneurs privés pour aboutir sur un coffret-souvenir qui restituera textes et mélodies frappées du sceau de la qualité.

 

 

Samedi :

 

- Abdou Driassa : Il n'est autre que le fils de Rabah Driassa, un chanteur populaire, aussi bien en Algérie, mais également au Maroc et en Tunisie (un de ses succès avait été adapté en turc par Emel Sayet, d'autres par Khaled et Blaoui Houari), qui a accompagné par ses chansons bien des mutations algériennes). Abdou rendra donc un hommage appuyé à son père tout en puisant dans des compositions de son cru, à l'enseigne d'"Ana Khouya", un des tubes algériens de l'année 2011.

 

- Abdelkader Chaou : c'est la dernière légende vivante du chaâbi algérois. Très populaire, il a produit quelques titres entrés dans l'histoire de la chanson algérienne. Il reprendra également le titre du maître fondateur du chaâbi, El Hadj El Anka, "Hamdou Lilah", célébrant l'indépendance retrouvée.

 

- Cheb Nadim : c'est une des plus belles voix du raï. Discret, mais convaincant dans ses interprétations, Nadim est resté fidèle à des anciens qui ont façonné le chant oranais entre 1950 et 1970, tel Ahmed Wahby, auteur, notamment, du bouleversant "Wahrane Wahrane" (repris par Khaled) ou "Metouil Ellil" (repris par Rachid Taha.

 

Dimanche :

 

- Ali Amrane : Il est la valeur sûre de la chanson kabyle tout en rock et tradition. Il a chanté, lui aussi, les anciens, meurtris par la douleur de l'exil pré et post-indépendance. Il égrènera certains morceaux, comme "Lezzayer Tizi-Ouzou", évoquant le long chemin ayant conduit à l'indépendance.

 

- Lounis Aït-Menguellet : C'est la force tranquille de la chanson kabyle. Pendant près d'un demi-siècle, il a tenu régulièrement la chronique d'un pays en proie à se difficultés mais aussi à ses espoirs. Il interprétera également des chants de Taleb Rabah, son inspirateur, et du chantre de l'exil Slimane Azem.

 

 


 

 

Concerts

Mardi 11 septembre, 20h I 18 €

Algérie – France : Symphonie pour 2012

La réunion de ces deux orchestres (l’Orchestre Symphonique Divertimento et l’Orchestre Symphonique National d’Algérie) a valeur de symbole : celui du dialogue entre la France et l’Algérie. Les œuvres de ce programme prolongent cette idée : la Suite algérienne de Saint-Saëns, des chants du répertoire classique ou traditionnel algérien, et les créations de deux jeunes compositeurs, l’un français (Olivier Pénard) et l’autre algérien (Salim Dada).

http://www.citedelamusique.fr/francais/evenement.aspx?id=12226

 

Mercredi 12 septembre, 20h I 18 €

Abd-el-Kader, héros de l’indépendance

Le monde entier a connu le nom d’Abd el-Kader, symbole de la lutte contre le colonialisme. Rachid Brahim-Djelloul, Arnaud Marzorati et les musiciens qui les accompagnent rendent hommage au grand émir, tout en nous faisant revivre, à travers des chansons de l’époque, la guerre de la propagande et de la résistance.

http://www.citedelamusique.fr/francais/evenement.aspx?id=12226

 

Samedi 15 septembre, 20h I 18 €

Abdou Driassa, Abdelkader Chaou // Chroniques et chants de l’indépendance

Première partie : Abdou Driassa est le fils de Rabah Driassa, chanteur engagé dans la période de l'indépendance. Abdou reprend avec talent les succès de son père, tout en se forgeant un style propre.

Seconde partie : Marqué par des influences berbères et ottomanes, le chaâbi fut enseigné au Conservatoire d’Alger par Hadj Mohamed El Anka à partir des années 1950. C’est à ce maître qu’Abdelkader Chaou rend hommage.

http://www.citedelamusique.fr/francais/evenement.aspx?id=12228

 

Samedi 15 septembre, 22h I Entrée libre

Cheba Fadéla // Cabaret raï

Cheba Fadéla est une étoile du raï. De son succès avec Ana Mahlali Noum, chanson aux paroles provocantes qu’elle enregistra en 1979, à l’âge de dix-sept ans, à sa carrière solo, en passant par le duo N’sel Fik, premier succès raï international en 1983, Cheba Fadéla est le porte-voix d’un raï moderne et électrique.

http://www.citedelamusique.fr/francais/evenement.aspx?id=12266

 

Dimanche 16 septembre, 16h30 I 25€

Lounis Aït-Menguellet // Epopées kabyles

Lounis Aït-Menguellet est aujourd’hui l’une des plus grandes figures de la poésie et de la chanson kabyles. Pour beaucoup, il est même devenu le symbole d’une revendication identitaire qui prit toute son ampleur au cours du Printemps berbère de 1980.

http://www.citedelamusique.fr/francais/evenement.aspx?id=12229

 

Cinéma

Dimanche 16 septembre I 5 €

 

Forum

Samedi 15 septembre, 15h I 18 €

L’indépendance de l’Algérie vue par les musiciens

Ce forum nous replonge dans la vie musicale des années 1960, en rendant hommage aux principaux chanteurs engagés par une conférence suivie d’une table ronde et d’un concert. Aujourd’hui, la flamme contestataire n’a pas faibli : Baâziz en témoigne, lui qui n’hésite pas à jouer les rebelles en détournant les chansons traditionnelles dans un esprit satirique.

http://www.citedelamusique.fr/francais/evenement.aspx?id=12277

 

Retrouvez le programme complet sur http://www.citedelamusique.fr/francais/cycle.aspx?id=442

 

 


 

Tarifs Jeunes : Moins de 28 ans = 9 € I Moins de 16 ans = 50% de réduction (pour 1 place adulte achetée).*

Groupes et collectivités, demandeurs d’emploi, bénéficiaires RSA et ASPA = 20% de réduction *

(*) Offres non cumulables et soumises à conditions, dans la limite des places et quotas disponibles

 

 

Cité de la musique

www.citedelamusique.fr I 01 44 84 44 84

221 avenue Jean Jaurès 75019 Paris

M° Porte de Pantin

 

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