Mobilisation nationale en Tunisie pour les funérailles de Chokri Belaïd

 

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La journée risque d’être explosive aujourd’hui en Tunisie où auront lieu les funérailles de Chokri Belaïd, l’opposant assassiné de trois balles à coup portant, le 6 février, alors qu’il sortait de son domicile. L’UGTT, le principal syndicat du pays, a appelé à la grève générale.

Ennahda a été pointé du doigt par la famille du défunt qui a précisé que le parti islamiste n’était pas bienvenu aux obsèques de Chokri Belaïd. Secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifié, ce militant de la première heure avait rejoint avec sa formation une coalition de gauche, le Front populaire, qui se veut une alternative au gouvernement en place. Il est aujourd’hui considéré comme le deuxième martyr du pays, après l’assassinat en octobre dernier, à Tataouine, d’un responsable politique du parti Nida Tounes, parti exécré par les islamistes.

«La responsabilité de cet assassinat revient à ceux qui ont ignoré la réalité de la violence politique pendant des mois», dénonce Iyed Dahmani, élu de l’opposition. En effet, depuis plusieurs mois, les militants laïques, les syndicalistes, les opposants à Ennahda sont cibles des violences en tous genres perpétrées par les LPR (Ligues de Protection de la Révolution), milices du parti islamique au pouvoir.

Cette nuit des dizaines de personnes, simples militants et amis de la famille étaient venues assister à la veillée funèbre en l’honneur de Chokri Belaïd. L’écrivain Youssef Seddik qui y participait dénonçait ce matin en ces termes au micro de France inter la situation politique tunisienne : « Nous sommes devant l’introduction d’une dictature fasco-islamiste en Tunisie conduite par Ennahda, et surtout guidée, au sens mussolinien du terme, par Rached Ghannouchi qui ne croit pas à la nation, mais à une nation islamique planétaire.»

Sur la scène politique, le gouvernement semble dans l’impasse. Alors qu’il appelait à la constitution d’un gouvernement technique, M. Hamadi Jebali, chef du gouvernement tunisien appartenant à Ennahda, a été désavoué par son propre parti qui n’entend pas céder le pouvoir, et par le président Moncef Marzouki qui a tenu à lui rappeler les règles du jeu démocratique en le renvoyant devant l’ANC, l’Assemblée Nationale Constituante pour faire part de ses démissions.

Les obsèques de Chokri Belaïd devraient être largement suivis par l’ensemble des Tunisiens choqués par son meurtre et las du flou politique qui caractérise le pays. « Le peuple veut une nouvelle révolution » pourrait bien être le mot d’ordre à dominer les manifestations qui se tiendront aujourd’hui dans tout le pays.

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En France: rassemblement des Tunisiens de Paris,  ce soir à la fontaine des Innocents à 18h pour une veillée funèbre pour Chokri Belaid. Et demain une marche à 13h de Belleville jusqu'à la place e Clichy.

 

08/02/2013


 


 


 


 

 

 

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