Décret 35 de la loi électorale entre la Haute Instance et les journalistes étrangers

 

Décret 35 de la loi électorale entre la Haute Instance et les journalistes étrangersLa Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique a émis le 10 mai 2011 le décret-loi n°35 relatif à l'élection de l'Assemblée Nationale Constituante. Le quarante quatrième article de ce décret interdits aux candidats à élections l'utilisation des médias étrangers dans leur campagne électorale.
M. Larbi Chouikha membre de l'Instance Supérieure indépendante pour les élections (ISIE) et responsable des médias et de la communication, annonce que «ce décret n'empêche pas les journalistes étrangers de couvrir médiatiquement des élections, mais qu'il ne permet à aucun media étranger de devenir un moyen de propagande médiatique pour n'importe quel parti, ou liste." Il a aussi souligné que la commission n'allait pas adopter de sanctions matérielles visant les journalistes qui enfreindraient la loi, mais qu'elle ferait simplement annuler le crédit qu'elle leur avait attribué auparavant". Il a indiqué aussi que "la Commission allait prendre contact avec la chaine de télévision française France 24 en raison de la diffusion d'un dialogue durant la nuit de lundi à mardi 17 octobre dernier ce qui est contre la loi. "

Les affaires juridiques de la Commission électorale expliquent le sujet:
M. Mourad Ben Molly, membre de l'Instance Supérieure indépendante pour les élections et chargé des affaires juridiques, explique que "cette loi empêche les candidats aux élections de l'Assemblée Constituante d'avoir des contacts avec les médias étrangers et non l'inverse", soulignant que "les journalistes étrangers ne sont pas empêchés de contacter ou de dialoguer avec les chefs de listes ou les candidats pour l'Assemblée Constituante". "Dans ce contexte", a-t-il dit, "la responsabilité incombe au président du parti ou à la personne contactée de respecter ou non la loi". Il a insisté sur la sensibilisation des candidats à l'importance du respect de ce décret émis par la commission, et a expliqué que dans le cas ou la loi serait enfreinte, les journalistes se verraient retirer leur accréditation mais le parti ne risquaient aucune sanction. "

Avis de certains journalistes étrangers sur la loi:
Yanni Skhyeer journaliste pour la radio néerlandaise internationale indépendante a avoué ne pas comprendre cette loi et a expliqué, en tant que journaliste étrangère, être venue pour couvrir les élections d'une manière professionnelle et objective et non pas pour faire la propagande de certaines personnalités politiques. Elle explique à cet égard qu'elle "pensais contacter certains partis politiques, mais quand [elle] a su pour la loi [elle] a laissé tomber, de peur de s'exposer à certaines des sanctions telles que l'annulation des crédits qui lui ont été accordés pour couvrir les élections. "
Elle détaille «n'accorder pas beaucoup d'attention à cette loi parce que l'ambiance de la rue, les problèmes quotidiens et la situation générale de la Tunisie semblent plus importants que les discours des politiciens et des candidats pour les élections qui remplissent tous les médias nationaux, et peuvent être reconnues par n'importe quel tunisiens ou étrangers."
Le journaliste Bear Byorland a été lui aussi surpris par une telle loi, « qui réduit la liberté du journaliste dans l'exercice de son travail, surtout dans la période de transition que connaît la Tunisie. »
La question reste posée quant à la légitimité de cette loi, notamment avec la conjoncture historique actuelle que connaît la Tunisie.

 


Amer Ayed
Octobre 2011

 

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