L’œil veillant des observateurs

 

 

Le temps presse, les minutes sont comptées. Des affiches collées à même le mur le rappellent volontiers : J-20,… j-15, … j-10,… j-1.
Au troisième étage d’un immeuble sis à Montplaisir, les membres de l’équipe de Mourakiboun mettent la dernière main aux préparatifs engagés depuis des mois déjà : « Nous entamons la phase cruciale mais ce n’est jamais fini », annonce le coordinateur du réseau Rafik Halwani avec enthousiasme et sans le moindre dépit : « Nous combattrons toujours la fraude, notre mission se poursuivra bien au-delà des élections… ».
L’avenir du pays, en premier…
Actuellement, l’équipe veille au grain pour le jour du scrutin, l’« enjeu en vaut la chandelle » comme l’exprime Ilyes Amamou, architecte d’intérieur de formation et chargé du système d’informatique au sein de l’équipe. « Je ne toucherai aucun sou et j’en suis fier, ce qui m’importe en premier c’est l’avenir de la Tunisie».
La mission de Mourakiboun commence ce jeudi à l’étranger. Tout un travail a été déjà entrepris par le réseau constitué de six associations. Il s’agit de l’Association Culture et Citoyenneté-Regueb, Sidi Bouzid, du PaCTE Tunisien, de l’Association Culture et Développement de Kasserine, l’Association Tunisienne pour l’Eveil Démocratique, l’Association Tunisienne de Droit du Développement et les Réseaux des compétences en Allemagne. Le coordinateur, Rafik Halwani affirme que le réseau a entamé sa mission bien avant la mise en place de l’Instance supérieure indépendante pour les élections « Nous avons commencé au mois de mai dernier et avons aidé l’ISIE à son démarrage en lui fournissant des recommandations ».
Le réseau qui a bénéficié du soutien de l’Union européenne grâce à son projet élaboré, selon le coordinateur, avec « sérieux et précision  », s’attèle désormais à la phase finale du processus électoral.
Au sein du local, tous les bureaux sont occupés, les membres se répartissent les différentes tâches qui restent à effectuer. Sans oublier pour autant leur principale mission : « Observer , tout observer, de l’inscription jusqu’à la proclamation des résultats en passant par le dépouillement » rappelle Rafic Halwani.
Silence, discrétion et neutralité
Pour cela, quatre mille bénévoles ont bénéficié les deux dernières semaines d’une vingtaine de sessions de formation en Tunisie et à l’étranger. Ils seront présents dans 27 circonscriptions sur l’ensemble du territoire national et dans trois autres se trouvant en France, en Allemagne et à Dubai.
« Nous serons l’œil veillant des élections et feront barrage à tout acte de fraude ou de manipulation. La réussite de ce grand rendez-vous national dépend aussi de notre mission en tant qu’observateurs».
Des observateurs qui doivent non seulement garder le silence pendant toute la journée du scrutin mais également être impartial et discret. Le coordinateur rappelle à ce propos les recommandations faites aux observateurs lors de la formation « Un observateur ne doit pas communiquer autour de lui, il a seulement le droit de noter tout ce qui pourrait attirer son attention ou si jamais il se sentait menacé».
Mourakiboun ne cache pas ses ambitions et son agenda pour l’avenir : « notre travail continuera pour faire part de notre expérience, améliorer la législation électorale en cours, et rester vigilant, le processus démocratique ne fait que commencer », note Rafik Halwani en ajoutant que l’équipe sera de plus en plus renforcée.
Manel Lahrabi, 23 ans, membre à Mourakiboun, s’occupe de la formation. Elle parle avec ardeur des listes définitives des observateurs, des badges qui seront distribués, de ces formateurs qui ont pris l’avion dans la matinée pour former le bataillon des bénévoles vivant à Paris…
Etudiante en gestion, elle n’a pas encore repris les cours, elle n’a pas encore revu ses amis…Elle savoure simplement les nuits blanches passées à Montplaisir en affirmant haut et fort : « Si c’était à refaire, je le referais sans regret et sans la moindre hésitation ».

Sarra Rajhi

 

 

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