Le documentariste syrien Omar Amiralay interdit de sortie de son pays

 

Le documentariste syrien Omar Amiralay interdit de sortie de son pays
Omar Amiralay

«Cinéma(s) de Syrie» était organisé notamment avec le soutien des collectivités territoriales, et avec le concours de l’ONC (Organisme National du Cinéma en Syrie), et de ce fait connu du gouvernement syrien et de ses représentants en France. On ne peut que regretter le fait qu’ Omar Amiralay n’ait pu rencontrer le public marseillais venu nombreux assister aux projections de ses films, et s’inquiéter de cette interdiction de circuler librement toujours maintenue à ce jour à l’encontre d’un cinéaste mondialement connu. Cette interdiction doit être levée.

Omar Amiralay est né en 1944. Après des études de peinture à Damas, il s'est tourné vers le cinéma et le théâtre, lors d'un séjour en France. Entre 1970 et 2000, il a réalisé plus d'une quinzaine de documentaires qui explorent la Syrie et le monde arabe dont Film essai sur la vallée de l'Euphrate (1971), La vie quotidienne dans un village syrien (1974), Les poules (1977), A propos d'une révolution (1981), Les senteurs du paradis (1982), Le sarcophage de l'amour (1983), Vidéo sur sable (1984), L'ennemi intime (1985), La dame de Schibam (1987), A l'attention de madame le premier ministre Benazir Buttho (1989), Le dernier des pionniers (1991), Moudarres (1992), Par un jour de violence ordinaire, Mon ami Michel Seurat (1995), Il y a tant de choses encore à raconter (1997), L'Homme aux semelles d'or (2000) et Déluge au pays du Baath (2004).

Le documentariste syrien Omar Amiralay interdit de sortie de son pays

"Déluge au pays du Baath", lauréat du prix IMA du meilleur court-métrage, est un documentaire filmé dans le village d'Al Machi, construit lors de l'édification du barrage sur l'Euphrate. S'abstenant de tout commentaire, Amiralay laisse la parole au gouverneur, également chef tribal, à son neveu, proviseur de l'école du village, à un officiel du parti Baath et aux élèves. Le documentaire devient alors une véritable parabole de la Syrie d'aujourd'hui.

Suite à sa diffusion il y a un peu plus d'un mois, ce documentaire a valu à son réalisateur de très longues heures d'interrogatoires ainsi qu'une interdiction formelle de quitter le territoire syrien." Afin de protester contre cette absurde atteinte à la mobilité d’un des intellectuels syriens les plus en vue, une projection de "Déluge au pays du Baath" a eu lieu mardi 31 octobre, introduite par L’écrivain Farouk Mardam Bey et suivie d'un débat.

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[1] Aflam est une association loi 1901 qui a pour activité principale la diffusion des cinémas arabes à Marseille et dans la région Paca. Rédaction Babelmed
(05/11/2006)

 

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