Transition démocratique en Tunisie

 

 

«Le processus électoral et la meilleure façon d'éviter la fraude" tel était l'axe de la discussion en atelier dirigé par L'Institut de la citoyenneté». Un grand nombre de représentants d'associations et de juristes ont contribué à enrichir le débat. Parmi eux M. Kais Saiid professeur de droit constitutionnel à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques et Sciences Sociales de Tunis, président du centre de Tunis de la loi constitutionnelle pour la République.

 

 

Transition démocratique en Tunisie
M. Kais Saiid

 

Entretien

Quels sont les obstacles juridiques au décret électoral arrêté par la Commission électorale pour les élections?
Quelques difficultés ou obstacles apparaissent au niveau pratique, spécialement la question du choix de l'électeur dans un scrutin de listes, ce qui ouvre la porte aux grands partis, aux partis alliés et aux autres mouvements politiques organisés pour contrôler presque entièrement la scène politique en Tunisie.
Le citoyen tunisien d'aujourd'hui utilise de nouvelles méthodes et mécanismes qui coupent complètement avec le passé. Par ailleurs, les citoyens tunisiens ont aussi besoin d'une véritable réconciliation avec ceux qui vont les représenter. Cette réconciliation nécessite que le scrutin puisse concerner les individus et non les listes, ce qui à son tour permettra automatiquement au citoyen d'examiner de près le candidat ainsi que son histoire et de se faire une opinion sur ses conceptions de la vie et de l'avenir en Tunisie.
Ceci permettra également aux indépendants de concurrencer les partis politiques.

Jusqu'à quel point les listes des candidats indépendants aux élections de l'Assemblée sont-elles indépendantes?
Il ya déjà de vrais indépendants, mais parallèlement il y a les listes qui sont en apparence indépendantes mais qui, sous la forme de listes séparées, appartiennent en fait à des partis.
Pour les vraies listes indépendantes, elles ont plus de chances dans les élections contrairement aux listes indépendantes faisant référence à des partis politiques existants: les listes indépendantes réelles sont plus sérieuses et plus à même d'obtenir un siège à l'Assemblée constituante. D'autre part, les candidats des partis politiques s’occupent déjà de la campagne électorale.

A votre avis, comment peut-on garantir la tenue d'élections libres, justes et transparentes?
La vraie garantie émane du peuple lui-même, mais il faudrait trouver des mécanismes pour surveiller le processus électoral allant de l'inscription jusqu'à la déclaration finale des résultats. Il est impératif que les observateurs soient présents dans les bureaux de vote et que les opérations de tri se fassent devant eux dans la plus grande transparence.
La fraude pourrait s'inviter dans le processus électoral en truquant le nombre d'électeurs, ou encore en soudoyant certaines personnes.

Est-ce que les excès de quelques partis politiques vis à vis de la loi interdisant la publicité prédisent des élections politiques peu équitables?
Je ne pense pas que de telles violations pourraient participer à truquer les élections, mais aujourd'hui, les partis politiques sont sensés abandonner ces méthodes obsolètes et respecter le principe d'égalité qui a été approuvé par la l'instance supérieure indépendante pour les élections. La politique n'est pas de la marchandise qui s'achète et se vend. Il aurait était plus judicieux de réfléchir à cette question quelques mois auparavant, en créant un décret règlementant la procédure de la publicité politique avant le début de la campagne électorale afin d'éviter de telles situations.

Comment voyez-vous la chance des partis qui font de la propagande politique durant les élections?
Je ne pense pas que la propagande politique sera déterminante dans le résultat des votes. Je pense que la publicité aidera seulement dans la présentation des mouvements politiques, pas plus. Elle ne leur permettra pas d'atteindre l'objectif qu'ils souhaitent, mais au contraire la publicité suscitera beaucoup de réactions négatives à leur égard.

 


Interviewé par Asaad Mahmoudi

 

 

 

Related Posts

Le syndicalisme, quel rôle dans le printemps arabe?

25/05/2012

rid_110Evoquer les rapports entre syndicalisme et «printemps arabe» exige une description préalable de la situation syndicale dans le monde arabe.

Urgences

05/03/2011

Urgences Depuis le 20 février, Ras Jedir et Dhiba, points de passage entre la Tunisie et la Libye, connaissent une affluence inattendue. On dénombre plus de 110 000 réfugiés de toutes les nationalités, mais surtout des Egyptiens.

Ramadhan en Tunisie

18/10/2007

Ramadhan en TunisieLe Ramadan vient de finir. C’est l’occasion de penser ce qu’est ce mois pour des millions de personnes qui n’est pas seulement le mois de la piété ou des bombances.