Surveillance des élections

 

 

Pour la première fois dans l'histoire de la Tunisie, la supervision du processus électoral est complètement assurée par une Haute Instance indépendante. Avant cela, le processus électoral était supervisé par l'autorité de surveillance représentée par le ministère de l'Intérieur
l'Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (ISIE) a permis aux organisations de la société civile tunisienne et aux représentants d'organisations internationales, de contrôler le processus électoral qui devait être transparent, équitable et démocratique.
M. Boubaker Ben Thabet, le secrétaire général de l’instance supérieure indépendante pour les élections de la constituante a déclaré au journal Attounissia que "la Haute instance souhaitait montrer au monde le succès de l'expérience tunisienne dans l'organisation des élections en conformité avec les normes internationales"

 

 

Surveillance des élections
Mme Sihem Bensedrine

 

Les organisations de la société civile ont promis d'assurer la présence de milliers d'observateurs pour surveiller le processus électoral. A cet égard, Mme Sihem Bensedrine, la présidente du Conseil national pour les libertés, a annoncé avoir cofondé le Groupe arabe d’observation des médias, avec l'aide de la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l'Homme, l'Association des Femmes Démocrates, les Femmes pour le Développement ainsi que l'Union nationale des journalistes pour surveiller les élections. Ils ont a réussi à organiser des cours de formation de formateurs qui ont ensuite formé à leur tour près de six mille observateurs.
Mme Sihem Bensedrine a rajouté que "le processus de surveillance des élections vise à restaurer la confiance du peuple tunisien dans le processus électoral après le régime de Ben Ali qui a œuvré à le vider volontairement de son contenu, ce qui a conduit à la perte de confiance des citoyens et qui a fini par produire une réaction de refus de participation à la vie politique."

 

Surveillance des élections
Mme Imen Triki

 

De son côté, Mme Imen Triki, présidente de l'organisation Liberté et équité a déclaré pour le journal Attounissia que son organisation avait formé aux côtés de l'Association des Avocats et de l'association internationale pour les politiciens catholiques et d'un certain nombre d'autres organisations professionnelles, un Observatoire pour surveiller les élections, appelé "l'Observatoire témoin" qui vise à surveiller le processus électoral durant ses trois étapes . Comme l'a expliqué Mme Triki ce processus de surveillance concerne "la pré-campagne, la campagne elle même et les différents abus qui peuvent survenir le jour du scrutin ou encore après les élections. Il nous faut assurer des élections équitables, transparentes et démocratiques, respectant les principes de la révolution du 14 Janvier."
M. Hussein Bali, président de l'Initiative pour des élections justes, a pour sa part déclaré au journal Attounissia que son organisation a cherché à former des centaines d'observateurs afin d'assurer le bon fonctionnement du processus électoral.
Au niveau international, le Comité des observateurs a instauré des observateurs nord américains et de l'Union européenne. M. Abdul Mawla, membre de la Haute Commission électorale indépendante a affirmé que la commission avait approuvé la présence de l'Institut Carter, dirigé par Jimmy Carter ancien président des Etats-Unis et l'Institut républicain américain, dirigé par le sénateur John McCain. La commission électorale a également entériné l'aide de l'Union européenne dans sa missions d'observation. M. Abdel Mawla a aussi ajouté que la commission avait adopté un code de conduite pour les observateurs étrangers afin qu'ils respectent la souveraineté du pays pour assurer le respect des institutions indépendantes.
Mr Michael Jrimss, l'un des observateurs de l'Union Européenne a affirmé que L'U.E avait envoyé en Tunisie environ 1200 observateurs qui ont été déployés dans toutes les circonscriptions électorales pour surveiller les élections afin de restaurer la confiance dans le processus électoral en Tunisie. Il a aussi déclaré que l'organisme de surveillance de l'Union Européenne avait obtenu toute l'aide nécessaire des différents organismes concernés afin d'effectuer correctement ses fonctions, et a exprimé son optimisme pour que les élections du 23 Octobre prochain soient des élections modèle dans tout le monde arabe. Il a aussi ajouté que tout ce qui a été observé à ce jour sont des excès mineurs qui n'affecteront pas le déroulement normal des élections.
De son côté, Mr Andrea Staritz a informé que la commission de l'Union Européenne avait soumis ses rapports à l’Instance Supérieure Indépendante pour les Elections sur ce qui avait été remarqué avant et pendant la campagne électorale, et a déclaré avoir détecté quelques irrégularités et des manifestations de violence lors des réunions publiques. Ils ont aussi confirmé que l'expérience tunisienne serait un exemple pour les Etats arabes.
Après avoir interviewé des citoyens sur l'observation internationale des prochaines élections, certains d'entre eux ont exprimé leurs doutes en ce qui concerne la présence d'institutions et d'organisations Américaines. M. Dirar Tlili, technicien à la radio "Kalima, a expliqué dans un discours radiodiffusé sur Radio "Kalima" que sa peur concernait les buts et les objectifs cachés qui pourraient servir les intérêts américains, puisque le Centre Carter reçoit un soutien financier annuel des institutions officielles fédérales américaines et que ses membres assistent à des sessions régulières de formation supervisées par des officiers de haut rang du Centre de renseignement américains. En outre, le U. S. Republican Institute est financé par l'USAID et le Département d'Etat et de renseignement américains.
De son côté, M. Abdul Majid al Hbibi, président du Bureau politique du Parti de libération islamique, a refusé de participer aux élections la considérant comme une mise en scène, expliquant que le contrôle international qu'il nomme les ennemis de l'Islam, visent à imposer un agenda occidental ayant pour objectif de chercher à contourner la révolution et de placer des "pions" qui travailleraient à la réalisation de leurs objectifs en Tunisie.

 


Amer Ayed

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