Sondage autour des élections

 

Quelques semaines nous séparent du 23 octobre, date des élections de l'Assemblée constituante. Gagner la confiance des électeurs se transforme en quête du graal pour les principaux partis. La question du référendum, très controversée, a été très largement débattue par le gouvernement et certaines associations liées aux Droits de l’Homme.

 

Sondage autour des élections
Sadik Belaid

 

«Le référendum n’a pas été dicté par une quelconque peur du peuple. Il s’agit d'un référendum populaire plus que d’un concours électoral réel, loin de tout calcul politique.». Souligne le Pr Sadik Belaid, ancien Doyen de la Faculté de Droit de Tunis, pour qui: «le plus urgent aujourd’hui est de de tracer une feuille de route prévoyant les pouvoirs de l'Assemblée constituante, même si celle-ci se présente comme un chèque en blanc».

Rappelant que la rédaction de la constitution tunisienne fut écrite en 1956 et 1959 et la longévité de celle-ci «qui nous a amenés là où nous en sommes maintenant», M. Sadiq Belaid insiste pour analyser l’expérience constitutionnelle suffisamment afin de ne pas refaire les mêmes erreurs que par le passé.

L'ancien doyen voit la prochaine assemblée constituante comme une force devant se concentrer, dans un premier temps, sur la rédaction de la constitution. Pour lui, il s’agit d'une priorité de la plus haute importance avant la formation du gouvernement. Il espère que les délibérations de cette assemblée ne dureront pas plus de deux mois. «Réfléchir à la constitution, ce n'est pas construire une pyramide,» souligne-t-il.

Le professeur Mohsen Marzouk, secrétaire général de la Fondation arabe pour la démocratie, souhaite pour sa part que la tenue du référendum corresponde dans les esprits avec l’élection de l'assemblée constituante. Il la voit ainsi populaire, exerçant ses pouvoirs légitimement.

«Le référendum est une feuille de route complète qui servira de transition vers un mouvement démocratique de plus grande ampleur,» explique le professeur Mohsen «c’est aussi un référendum sur l'alignement des pouvoirs de l'Assemblée constituante qui doit prolonger les actions du gouvernement intérimaire et étendre son partenariat avec les pouvoirs publics jusqu'à l'élection du nouveau chef de l'Etat tout exerçant un contrôle sur le travail du gouvernement».

«Il faut limiter les fonctions de l'Assemblée constituante et organiser très vite des élections législatives pour mettre fin à la situation de transition dans un délai ne dépassant pas les six prochains mois. Le référendum, peut rétablir la souveraineté du peuple, à travers le vote, sans alliances ou jeux politiques, ni extorsion de fonds au nom de la réconciliation nationale. L'Assemblée constituante va se tourner vers le conseil de surveillance sur la performance du gouvernement intérimaire jusqu'à l’élection d’un nouveau gouvernement par les urnes», ajoute Mohsen Marzouk.

Pour M. Qais, professeur de droit constitutionnel, qui avait demandé un délai de deux mois après la révolution pour organiser ce référendum : «il y a un risque que l’assemblée constituante garde le pouvoir trop longtemps et en tire une légitimité» . Plus de temps, pour ce constitutionnaliste, veut dire campagne pour chercher à récupérer politiquement, et, via de sombres calculs, des voix afin de prendre le pouvoir.

Dans une conférence de presse le 8 Septembre 2011, M. Hamma Hammami, secrétaire général du Parti Communiste ouvrier de Tunisie a estimé, de son côté, que le référendum était le résultat des aspirations démocratiques du peuple tunisien. «L'élection de l'Assemblée constituante est l’occasion de remplir un mandat populaire pour écrire une nouvelle constitution pour le pays, fonder de nouvelles institutions en moins d’un an», a- t-il déclaré.

 


Marwan Alfarhana
(Octobre 2011)

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