Election de l’Assemblée nationale constituante

 

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La création de mécanismes de contrôle efficaces représente une des garanties essentielles pour protéger le processus électoral dans tout le pays des risques de fraude et de falsification. L’efficacité de ces mécanismes trouve sa source dans l'intégrité de la partie en charge de la surveillance des élections car on présume que l'organe qui supervise les élections est indépendant et qu’il dispose de sa propre entité juridique et financière.

Les mesures de contrôle sont à leur tour soumises à des critères qui comprennent la neutralité des observateurs, leur intégrité et leur indépendance de tout parti auxquels s’ajoute la nécessité d’avoir de l’expérience dans la surveillance d’élections transparentes et démocratiques.

En Tunisie, le peuple a déjà vécu de nombreuses élections toutes caractérisées par le tapage médiatique et la propagande politique abusive visant à masquer les opérations de fraude, c’est ce qui explique que les tunisiens ont perdu le goût et la foi en l’honnêteté et l’intégrité de toute opération politique future. Aujourd’hui et depuis le 14 janvier, ils aspirent à des élections justes et transparentes afin d’être en mesure d’effectuer un choix responsable de ceux qui les représentent. Rétablir la confiance entre l'électeur et le processus électoral exige davantage de temps afin que le Tunisien puisse retrouver la volonté et le désir de se sentir responsable envers son pays. Pour ces raisons, la tâche qui incombe à l’instance en charge de superviser les élections de l'Assemblée constituante est d’autant plus importante, tout d’abord, parce qu’il s’agit des premières élections du genre et nous sommes confiants dans la crédibilité et la pluralité des candidats et la transparence des parties prenantes ensuite parce qu’elle mettra en place la voie de la démocratie qui, comme tous les Tunisiens l’espèrent, sera un édifice solide pour les générations futures.

Garantir une surveillance intègre et honnête des élections est le trait d’union entre le pari du pays et son avenir. Ainsi tout échec logistique ou technique dans les élections ou dans le suivi de son processus pourrait alimenter le feu des querelles entre les différents groupes. Afin de fournir toutes les conditions garantissant la transparence du processus électoral, M. Mokhtar Trifi président de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'homme a annoncé lors d'une conférence de presse que dix organisations tunisiennes ont établi un observatoire national en charge du suivi de toutes les étapes des élection depuis l’inscription sur les listes électorales, jusqu’au vote et l'annonce des résultats et de l’étude des contestations et des conflits qui suivront cette annonce.

L’Observatoire national des élections sera une institution permanente en charge de surveiller toutes les échéances électorales futures dans le pays. L’opération de suivi sera assurée par six milles observateurs volontaires qui bénéficieront d’une formation dans les jours à venir dans les différentes régions assurée par quatre-vingt formateurs. L’Observatoire a reçu un soutien financier de 300 mille euros de l'Union européenne, un montant considéré insuffisant par le président de la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l'Homme qui précise que d'autres sources de financement seront prospectées tout en soulignant que l'observatoire n'acceptera aucun financement conditionné ou suspect.

Pour sa part, Mme Mona El Abed, militante des droits de l'homme et membre de l’Instance Supérieur Indépendante pour les élections a indiqué que l’Instance a déjà reçu de nombreuses demandes de personnes et d'organismes désirant surveiller les élections de l'Assemblée nationale constituante et a souligné que l’instance a substitué la qualité de surveillant à celle d’observateur, un décret ayant été émis à cet effet un décret en ajoutant que la qualité d’observateur ne sera adoptée qu’après approbation de l’Instance Supérieur Indépendante pour les élections.

En attendant que les modalités soient parachevées et que les conditions optimales soient remplies pour la deuxième élection des membres de l'Assemblée constituante dans l'histoire de la Tunisie, les Tunisien s comptent sur un engagement sérieux des partis politiques, dont le nombre a connu un bond sans précédent s’élevant à plus de cent partis, à traiter de tous les enjeux actuels en vue d'atteindre les objectifs nobles de la révolution.

 


Hammadi Maameri

 

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