La doyenne de Monastir boude les élections

 

 

 

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Née le 14 novembre 1913 Amti Aicha Sakli avec ses 98 printemps est la femme la plus âgée du gouvernorat de Monastir. Nous nous sommes rendus à son domicile où nous l’avons trouvée retirée dans un des recoins de sa maison. Amti Aicha jouit d’une bonne santé et sa mémoire est intacte. Nous lui avons demandé ce que signifiait pour elle le mot élections, elle nous a répondu non sans ironie qu’elle a vécu des dizaines d’élections et s’est esclaffée en ajoutant avec sarcasme : « Les élections, mon fils, ne font pas gagner son pain mais ‘obéis celui que tu sers et vends ce que tu veux mettre en gage’’. Amti Aicha nous a dit qu’elle avait près de cent ans et que malgré toutes ses participations aux élections, elle n’a connu que le président Bourguiba, car à son avis c’est le président qui aimait son peuple.

Elle nous a raconté ce qui s'est passé dans la ville de Monastir et la ville de Khnis plus précisément lors du bombardement des forces de l'Axe durant la Seconde Guerre mondiale et nous a également raconté des épisodes de l'histoire de la Tunisie dont «l'année des sauterelles», «l’année de la conjonctivite » et «l’année des poux"...
Mais malgré les tentatives de convaincre Amti Aicha de s’inscrire sur les listes électorales, elle a refusé de se rendre au bureau d'inscription alors que sa santé le lui permettait, elle a même déclaré : « s'ils veulent ma voix, ils n’ont qu’à venir me voir et m’apporter une subvention sinon je ne vote pas, j’ai assez voté !
Amti Aicha qui s’est drapée d’une robe noire et dont les traits du visage et le joues témoignaient clairement des souffrances qu’elle a vécues du poids des années et de l’âge qui ont creusé des rides qui traversent son visage de part en part, a tenu avant notre départ à nous assurer qu’elle était très heureuse de la révolution des jeunes tunisiens et qu’elle était émue de la contribution de la femme tunisienne à cette révolution.
Ameur Ayed

 

 

 

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