Révolutions arabes et printemps du cinéma…

Révolutions arabes et printemps du cinéma… Les images produites et diffusées lors des récentes - et inattendues - révolutions arabes sont innombrables : photographes, journalistes, jeunes bloggeurs, simples citoyens armés d’un téléphone portable ont déversé sur les différents médias et réseaux sociaux des instantanées des révoltes… En parallèle, la chaîne Al Jazeera diffusait des images des événements en continu.
Mais que fait le cinéma? Comment les documentaristes filment la révolution ? La question du regard, de la distance et de la mise en scène du récit sont au centre des interrogations de ceux pour qui l’image est aussi création, au-delà du simple témoignage, et le cinéma producteur de sens.
La question de la représentation et du récit des révolutions a été posée dès le début des manifestations en Tunisie ou en Egypte. Le festival de Cannes avait organisé à la dernière minute une rencontre (Printemps des peuples et renouveau du cinéma du monde arabe) et programmé les premiers films produits à la hâte. Le FidLab (une plate-forme de soutien à la co-production) avait consacré une table ronde et posé la question aux réalisateurs arabes présents au fid à Marseille en ce début juillet 2011 : les Libanais Rania Stephan et Ghassan Salhab, les Tunisiens Hichem Ben Ammar et Mourad Ben Cheikh, les documentaristes égyptiennes Safaa Fathy et Tahani Rached. Certains ont refusé de filmer, n’ayant pas la distance nécessaire, ne voulant pas s’essayer au reportage, d’autres ont participé aux évènements, filmé et tissé leur narration de la révolution.

A Paris, la même question est posée par l'Association du cinéma euro arabe (ACEA) qui propose, du 15 au 18 septembre, une série de projections sur ce « printemps arabe » et des films en provenance de Tunisie, d'Égypte, de Syrie, du Maroc, du Yémen et des pays du Golfe.
Parmi les films programmés (au cinéma La Clef à Paris), certains ont été tournés pendant les révolutions de l’hiver dernier, d’autres ont été choisi parce qu’ils arrivent de pays qui « aspirent au changement », d’autres encore comme précurseurs des récents soulèvements. C’est le cas du très beau film de Hala Abdallah et Ammar El Beik, Je suis celle qui porte des fleurs vers sa tombe, de La Longue nuit (Al Layl al tawil) de Hatem Ali et de Pour un petit morceau de gâteau de Hala Mohamed, des films syriens, du court-métrage Wanted du marocain Ali Essafi …
La plupart de ces films, documentaires, courts et longs métrages seront suivis de débats avec les réalisateurs invités à cette occasion.
 

//Tahrir de Stefano Savona

A ne pas manquer, samedi 17 septembre, l’avant-première du film Tahrir de Stefano Savona (Italie-France 2011), tourné au Caire en février 2011. Le réalisateur, qui sera présent pour un débat avec le public, a déjà signé des documentaires remarquables qui construisent une sorte de mémoire politique des mouvements révolutionnaires : Plomb durci, tourné dans la bande de Gaza, Carnets d’un combattant kurde, voyage dans les terres du PKK kurde, Palazzo delle aquile, une chronique quotidienne de l'occupation de l'Hôtel de ville de Palerme par vingt familles sans abri.

Nadia El Fani, réalisatrice du film Laïcité Inch'Allah, sera présente à la projection de son film qui avait provoqué en juin dernier la colère de groupes fondamentalistes tunisiens qui avaient saccagé le cinéma Africart à Tunis. Le film est programmé le 17 septembre à 14h00.

Les Ateliers Varan-SEMAT au Caire présentent également leur travail : pendant trois semaines des jeunes réalisateurs égyptiens ont été accompagnés par les animateurs des Ateliers dans leurs projets originaux de court-métrages documentaires sur le Caire aujourd’hui. On pourra ainsi voir les documentaires de Mahmoud Fara, 4/2/2011, de Noha Al Maadawy, Quatre saisons, de Mayal Houssein, Liberté suspendue, et Karim de Omar Al Chami (Egypte, 2011).

Le 17 septembre 2011 à 16h00 une table ronde, « Filmer la révolution », sera animée par la journaliste libanaise Houda Ibrahim en présence de réalisateurs et le 18 septembre, en clôture de ce printemps du cinéma arabe, la comédie de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki, Et maintenant on va où ?, et un concert de la chanteuse tunisienne, Abir Nasraoui, accompagnée de ses musiciens.


 

Antonia Naim
(15/09/2011)


Le printemps du cinéma arabe, du 15 au 18 septembre 2011 au Cinéma La Clef, 75005 Paris.
Informations et presse: Zeina Toutounji-Gauvard - zeinatg@yahoo.fr - 06 22 30 12 96.

 

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