Massacre à Hama ce dimanche 31 juillet

 

Il a le visage ensanglanté, porté à tout allure par deux hommes qui tentent de l’évacuer. Pourtant malgré des conditions gravissimes, son bras se soulève mollement et au bout de sa main deux doigts s’écartent pour former le v de la victoire devant ce portable que tend un autre bras pour documenter l’horreur.
Massacre à Hama ce dimanche 31 juillet
Cela fait belle lurette qu’il n’y a plus de journalistes en Syrie, alors ce sont les manifestants eux-mêmes qui fournissent la sombre chronique de “ces morts annoncées”. Celle de ce dimanche 31 juillet est terrible.

Hama la rebelle, qui vit depuis plusieurs semaines au rythme des grondements de sa population -plus de 500.000 personnes- réclamant la chute du pouvoir, a été aujourd’hui la cible d’une des plus cruelles expéditions punitives auxquelles se soient livrée l’armée syrienne depuis le début de la contestation populaire dans le pays.

Ce matin, à l’aube, les militaires sont entrés dans la ville, leurs chars comme de grosses bêtes meurtrières et bornées se sont tapis aux endroits stratégiques pour la bombarder. En cette fin d’après midi, le bilan est lourd : une centaine de morts et des dizaine de bléssés selon les premières estimations de l’OSDH (l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme).

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que Hama verse un tribu de sang. En 1982, sous Hafez Al-Assad, 20.000 personnes y avaient perdu la vie dans la terrible répression visant à anéantir le mouvement des Frères mulsulmans.

Chaque manifestation, grossie jour après jour par des Syriens de toutes les communautés, confessions -et non confession- confondues, laisse derrière elle son funeste butin de vies happées et de destins brisés.

Mais malgré la dictature, malgré le silence strident des Occidentaux et des gouvernements arabes qui la laissent opérer, les images qui circulent sur les réseaux sociaux continuent de documenter l’horreur sanguinaire du régime de Bachar Al-Assad condamné tôt ou tard à disparaître, et à répondre de ses crimes.

 


Nathalie Galesne
(31/07/2011)

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