Kheireddine M’kachiche: du jazz oriental

 

Kheireddine M’kachiche: du jazz orientalNatif d’Alger, plus précisément du vieux quartier de la capitale, Bab El-Oued, Kheireddine M’kachiche, violoniste de son état, a commencé son apprentissage musical dès 1983 en faisant ses classes auprès de Abdelkrim Mhamssadji, à l’association El Fakhardjia et Harbit Rezki. En 1986, il intégrera l’orchestre pilote au Conservatoire d’Alger et fera ses classes chez Harbit Rezki. Des années durant il sera sollicité, prenant part à divers projets dans ses styles de prédilections, à savoir l’andalou, le hawzi et le chaâbi. Il collaborera avec plusieurs artistes algériens de la trempe de Rahma Boualem, Kamel Bourdib, Aziouz Raïs, Hamidou, Nadia Benyoucef, Naïma El Djazaïria, Karima Essaghira, Samir Toumi…
En 1991, il s’ouvre au répertoire musical traditionnel algérien : chaoui, kabyle, gasba, melhoun, sahraoui, gnaoui… L’année 1994, il la consacre à la musique raï. C’est le début d’une aventure qui aboutira à des collaborations avec de grosses pointures Cheb Hassan, Mohamed Lamine, chaba Kheira, Houari Dauphin, Chaba Samira et il participe même à l’enregistrement de l’album du King Khaled.
En 1997, il entame une carrière internationale suite à sa rencontre avec la chanteuse marocaine Amina Aloui, intégrant son groupe qui se produit dans divers festivals qui le mèneront à sillonner toute l’Europe, le Japon et le Moyent-Orient. En 2002, il participe à l’aventure « les Orientales », un hommage au musical algérien des années 1950 qui aboutira à une tournée en France, des concerts à Alger, un CD et un DVD chez MK2.
Toujours avec Amina Aloui, il collabore au projet Siwan qui se concrétise par un album chez ECM. Depuis 2007, Kheir-eddine M’kachiche fait partie de la formation algéroise de jazz Madar. A son actif, plusieurs collaborations avec des musiciens jazz de renom, tels Jon Hassel. Il s’intéresse aussi depuis quelques années à la musique rock et jazz, effectuant des fusions fort intéressantes. Il est régulièrement invité en guest star par plusieurs artistes : Cheikh Sidi Bémol, Jean Alain Roussel et son groupe The One…

Quelques questions à Kheir-eddine M’kachiche

De l’andalou au jazz, comment êtes-vous arrivé là ?
Le jazz, c'est un genre de musique essentiel pour moi. J'y ai atterri grâce au projet Siwan. C'étaient mes premier pas dans le monde du jazz. Après il y a eu d'autres aventures en collaboration avec le Festival Dimajazz de Constantine. Elles ont abouti à la création du groupe Madar. Ensuite, j'ai commencé à jouer avec le légendaire trompettiste américain Jon Hassel avec qui j'ai enregistré un autre album (même label que le projet Siwan).

Que signifie pour vous la fusion ?
C'est le fait de prendre deux genres de musique différents et d’essayer de les mélanger (fusionner) dans le but de créer un nouveau genre. Ce dernier devient ainsi un sous genre par rapport aux deux premiers qui lui ont donné naissance. Prenez par exemple le jazz-rock.

Pourquoi avoir choisi le jazz pour effectuer une fusion ?
Le jazz est l'un des rares genres musicaux qui se mêle très bien à presque tous les styles de musique existants. On s’y sent tellement à l'aise qu'on se laisse porter par ses nombreux courants. Comme dans la peinture contemporaine , ces différentes expressions sont ouvertes et très accessibles.

Comment définissez-vous votre musique ?
Ma musique, je la dois à mes racines algériennes profondes. Nous avons la chance en Algérie d'avoir une multitude de styles et genres musicaux qui sont issus des différentes influences méditerranéennes, africaines, orientales, occidentales et andalouses. Aujourd'hui, en tant que musicien algérien et international, je me dois de défendre et de transmettre cette culture musicales.

 


 

Amine Idjer
(15/10/2010)

 

 

 

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