Algérie: engagements sociaux et question nationale

  Algérie: engagements sociaux et question nationale Fruit de vingt ans de recherche, ce dictionnaire biographique ouvre un champ d’études original car l’Algérie, comme tout le Maghreb, est alors le lieu d’interférence de trois types de militants: les Européens d’Afrique du Nord, en majorité Français, qui introduisent le syndicalisme et le socialisme sans toujours remettre en cause le régime colonial ; les nationaux qui deviennent majoritaires et s’engagent progressivement dans la lutte pour l’indépendance; les émigrés qui, travaillant en métropole, sont au croisement de ces deux inspirations.

Ce livre fondamental dresse le portrait de plus de 500 personnalités intellectuelles, syndicales et politiques, algériennes, françaises et étrangères, qui ont marqué l’histoire de l’Algérie coloniale. De Ramdane ABANE à M’hamed YAZID en passant par José ABOULKER, Idir AISSAT, Henri ALLEG, Aboubaker BELKAID, Larbi BEN M’HIDI, Frédéric BERENGUER, Mohamed BOUDIAF, Daniel TIMSIT, Albert CAMUS, Eugène CATTOIR , Alexandre et Pierre CHAULET, Mohamed DIB, Frantz FANON, Nassima HABLAL, Malek HADDAD, Sadek HADJERES, Mohamed HARBI, Yacine KATEB, André MANDOUZE, Max MARCHAND, Omar OUSSEDIK ou Lisette VINCENT, on dévore à travers ces 600 pages les portraits de tous ces Algériens, de ces Juifs, de ces Pieds-noirs et autres Français dont l’histoire a retenu les noms. Mais aussi les biographies tout aussi passionnantes de ces assistants sociaux, de ces dockers, de ces enseignants, de ces étudiants, de ces journalistes, de ces médecins, de ces ouvriers, de ces paysans, de ces syndicalistes, de ces traminots, bref, de tous ces militants qui ont tissé le mouvement social de l’Algérie coloniale.

Le mouvement national algérien se nourrit des idéologies chrétienne, communiste, islamique, nationaliste arabe et socialiste qui s’entrecroisent à l’époque. Mais la répression ne cesse de se durcir et d’enfermer les Algériens dans l’humiliation et le communautarisme, entraînant inexorablement le mouvement national vers le «centralisme démocratique» et le «modèle arabo-musulman». Ainsi disparaîtra peu à peu, «grâce» à l’aveuglement du système colonial, l’utopie algérienne démocratique et plurielle dont beaucoup avaient pu rêver.
(16/03/2007)

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