Liberté de la Presse: Kalima à la barre

 

Liberté de la Presse: Kalima à la barre
Omar Mestiri

Mestiri doit donc comparaître le 2 août 2007 suite à une plainte pour diffamation déposée par Mohamed Baccar, avocat réhabilité après avoir été radié par le conseil de l'ordre. Cette poursuite fait justement suite à un article où Mestiri s'étonnait de la réhabilitation de cet avocat, proche du pouvoir et condamné à plusieurs reprises pour faux et escroquerie.
Interrogé par APN, Mestiri qui pensait l'affaire classée il y a quelques semaines, estime qu'«il y a aussi d'autres dessous». Lors des dernières élections du conseil de l'ordre des avocats, «les candidats du pouvoir qui ont soutenu cette plainte ont essuyé une déconvenue». En effet, c'est Maître Bachir Essid, un avocat «radical totalement opposé au régime tunisien actuel» qui a été choisi mi-juin comme nouveau doyen des bâtonniers a confié à APN, le journaliste Riadh Ben Kalifa. Se vengeraient-ils de leur défaite en poursuivant Mestiri qui a «osé» dénoncer la réhabilitation d'un des leurs? Il doit y avoir de cela.
Rappelons que Mestiri avait déjà été entendu dans le cadre de cette affaire le 29 mars dernier par le procureur de la république qui a centré son interrogatoire sur la source qui lui a permis de prendre connaissance de cette réhabilitation et non sur la véracité des faits prétendument diffamatoires. Ce qui préoccupait le plus le procureur était de savoir comment Omar Mestiri a pu accéder à cette information que les autorités auraient préférée ne pas divulguer. S'appuyant sur son droit en tant que journaliste de ne pas dévoiler ses sources, le directeur de Kalima a refusé de répondre à cette question. Ses avocats avaient soulevé la question de la base juridique de la poursuite, sachant que le site de Kalima est bloqué en Tunisie et que la diffusion n'a, par conséquent, pas pu avoir d'élément matériel en Tunisie, de même que la prescription des faits.
En vertu des articles 42, 50, 53, 72 et 78 du code de la presse tunisien, le directeur de Kalima risque de un à trois de prison ferme. L'Observatoire pour la Liberté de Presse, d'Edition et de Création (OLPEC) estime que ce que l'on reproche à Mestiri ce sont plutôt des articles publiés à la même période sur les scandales de corruption impliquant les proches du président Ben Ali. L'OLPEC exige l'arrêt des poursuites et considère que monsieur Mestiri n'a fait qu'exercer sa profession de journaliste et demande l'abrogation des articles de loi qui stipulent l'application de la peine corporelle pour les délits de presse. L'observatoire rappelle que le journal indépendant Kalima est toujours privé de son droit à la publication en Tunisie, que son site est toujours bloqué et exige que cette mesure arbitraire soit levée.
Verdict? Le 2 août 2007.
(23/07/2007)

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