Taycir Batniji

Taycir Batniji
Taycir Batniji : Hanoun (coquelicots) 2009. Publié avec l’aimable autorisation de l’artiste. © Taycir Batniji.
«Comment va Taycir?» demandai-je. Et tous de répondre: «Il est complètement épuisé. Il a le pouce tuméfié tant il a taillé de crayons».
Derrière le mur de l’horloge, le visiteur trouve une petite salle de la taille d’un atelier. Au fond se voit la photo de l’atelier de Batniji à Gaza. Le sol de l’atelier de Gaza est recouvert de poussière, celui de Venise d’un champ de coquelicots constitués par les copeaux d’un crayon rouge que Taycir a taillé. Poussière et coquelicots suggèrent la distance spatiale mais aussi temporelle séparant l’artiste de son atelier. La poussière fait penser au temps durant lequel l’artiste n’est pas allé dans son atelier; les coquelicots disent le temps que l’artiste a passé à tailler à l’infini son crayon, sans but attendant de pouvoir regagner son atelier. Tailler son crayon n’est pas seulement un grand gaspillage de temps; c’est la concrétisation de l’attente.
La fragilité des coquelicots en copeaux semble plus grande que celle des coquelicots à l’état naturel. Cette fragilité interdit à l’artiste et au visiteur de franchir le seuil de la salle-atelier, un peu comme le champ de mines interdit à l’artiste de se rendre dans son atelier à Gaza.

Adania Shibli
(22/08/2009)

Related Posts

Le Trio Joubran

24/03/2005

Le Trio JoubranOn connaissait Samir Joubran pour ses trois précédents albums «Taqaseem», «Sou' Fahm» et «Tamaas». Il revient aujourd’hui, avec un nouvel album, et accompagné de ses deux frères «Le Trio Joubran». "Randana" qui sort ce 24 mars est une bonne occasion pour présenter trois frères palestiniens musiciens et prodiges, qui grâce à leur ouds ont conquis les scènes internationales.

Khalil Rabah

22/08/2009

Khalil RabahLa réalisation de Khalil Rabah se présente comme une exposition à l’intérieur de l’exposition. Sa galerie n’accueille pas les œuvres mais les artistes eux-mêmes.

Rêves d’une nation

22/06/2004

Rêves d’une nationLa troisième édition du «Festival du cinéma palestinien» vient d’avoir lieu en Palestine. Un peu de vie a été ainsi insufflée dans les quelques villes palestiniennes où ont eu lieu les projections, et surtout dans la triste Jérusalem est, tuée par tous les efforts déployés par les autorités israéliennes pour la couper du reste de la Cisjordanie.