Ramallah fait son cinéma

  Ramallah fait son cinéma La création palestinienne vit pendant l’occupation et, malgré les difficultés. Quelques festivals continuent à avoir lieu en Palestine et brisent ainsi l’isolement culturel imposé au pays…
Preuve que l’imaginaire est aussi un enjeu central pour préserver la culture palestinienne. Le cinéma y tient aujourd’hui une place importante.
Le festival du cinéma palestinien Dreams of a Nation, organisé en Palestine par Yabous Productions du 26 février au 2 mars 2004, vient de se terminer. Pendant six jours trente six films ont été projetés dans quatre villes, Jérusalem, Ramallah, Gaza et Nazareth, dont des longs-métrages déjà diffusés comme Le mariage de Rana de Abou Assad, Retour à Haïfa et Ticket to Jérusalem de Rachid Masharawi, ou Chronique d’une disparition d’Elia Suleiman, pour n’en citer que quelques-uns, et surtout des nombreux films de format et genre différents, courts, documentaires (les courts de Hiam Abbas, La danse éternelle et de Jennifer Jajeh, Fruition , le documentaire de Ula Tabari, Private investigation….) qui montrent la vitalité de la création cinématographique palestinienne et la nécessité douloureuse d’explorer le réel, qui imprègne désormais presque toute sa production. Ramallah fait son cinéma Des séances spéciales ont eu lieu à Bethléem, et, dans toutes les villes, des lectures et des débats ont accompagné les différentes projections, sur des thèmes tels que les cinémas nationaux dans l’ère de la mondialisation, sur les nouvelles écritures du cinéma palestinien, etc.
Dreams of a Nation a été organisé en coopération avec le centre culturel Khalil Sakakini et le Popular Art Centre de Ramallah, YWCA de Jérusalem, le Croissant rouge de Gaza, Arab Cultural Association (ACAI) et Elsana, la cinémathèque de Nazareth. Ramallah fait son cinéma D’autres manifestations liées au cinéma se préparent. C’est le cas du RIFF (Ramallah International Film Festival), organisé par des jeunes palestiniens, dont Fatin Ferhat, Samira Jabaly et Adam Salah Zuabi, directeur du festival et assistant réalisateur du cinéaste italien Ettore Scola. Le RIFF a reçu l’aide de l’association des cinéastes indépendants italiens (API) qui a fourni au festival une structure logistique à Rome, le reste de l’équipe travaillant à Ramallah et deux correspondants au Moyen orient et en Afrique du Nord. Programmé pour le mois d’avril, le RIFF a été repoussé au mois de juin. Outre la section de films palestiniens en concours «Palestinian Silver Screen», qui présentera un kaléidoscope de films, documentaires, courts-métrages, art vidéo et films expérimentaux, une section de films européens et un panorama des cinémas arabes sont au programme. En revanche, pas de films israéliens au programme du festival. «Nous sommes très sensibles à la participation israélienne. Mais y a une guerre en cours. Nous ne pouvons pas faire cela maintenant, pas jusqu’à ce que les problèmes ne soient réglés. (…) il n’ y a rien de plus facile que montrer deux garçons palestiniens et israéliens se serrant la main. Mais ce rapport n’existe pas. Ces enfants ne parlent pas entre eux», ont expliqué les organisateurs récemment dans un entretien pour Al Ahram Weckly.
Particularité de ce festival, l’ouverture d’une compétition de scénario qui a impliqué les ministères palestiniens de l’éducation et de la culture avec 40.000 jeunes de 800 écoles palestiniennes, selon les organisateurs.

La municipalité de Rome, l’Espagne, la Grande Bretagne et des sponsors privés européens participent au projet mais les organisateurs cherchent encore des fonds du coté des pays arabes. Antonia Naim

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