Affrontements en Tunisie: combien de morts?

 

Sur Facebook circulent des informations des plus inquiétantes : on prétend que ce n’est pas la police qui a tiré. Or qui, en Tunisie, a le droit de porter des armes et de tirer sur la foule?
L’opposition, dépassé par le mouvement d’une jeunesse non organisée mais visiblement déterminée, a appelé le chef de l’Etat à ordonner le cessez-le feu. L’armée a été déployée dans les villes les plus touchées par les manifestations.

Lundi fut une journée houleuse. Les lycéens ont investi les rues et des manifestations virulentes ont été enregistrées partout dans le pays de Bizerte jusqu’à Kairouan. L’embrasement semblait général, lundi. Et chose rare, une manifestation a pu avoir lieu au centre même de Tunis.

A 16 heures, le président s’adresse à la nation. Jamais un discours du président n’aura été aussi suivi, surtout que la veille, le tout nouveau ministre de la communication Samir Labidi annonçait sur Al-Jazeera des mesures de redressement. Le discours du président peut être lu en intégralité sur le site www.carthage.tn/
Affrontements en Tunisie: combien de morts?
Ce discours tant attendu pourrait être résumé en deux points: 1) concernant les événements, ils sont «l’œuvre d’un groupuscule d’éléments hostiles qui s’offusquent de la réussite de la Tunisie» auxquels le président promet que « la loi aura le dernier mot», 2) sur le plan économique, le chef de l’Etat s’engage à créer 300 000 postes d’emploi avant la fin 2012 et Ben Ali de marteler, «oui, avant 2012, je m’y engage».

Il n’est pas sûr que ce chiffre faramineux ait comblé les espérances des Tunisiens, un peuple des plus pacifiques fortement choqué par le recours aux armes.

Le président n’a pas fait une seule allusion à une des revendications les plus récurrentes: la liberté d’expression et encore moins à la corruption qui alimente les rancœurs en Tunisie et qui est la cause profonde des événements tragiques que connaît le pays.

En fin d’après-midi, un communiqué conjoint des ministères de l’éducation et de celui de l’Enseignement supérieur annonce la fermeture sine die des écoles primaires, des lycées et des universités.

Ainsi donc, le sang a coulé. Une ligne rouge a été franchie. Colère et rancœur sont grandes. Les Tunisiens qui refusent l’étalage de la richesse ne peuvent admettre celui de la violence. Une fracture semble s’être installée entre le pouvoir et le peuple.

Les heures qui viennent diront quelle tournure prendront les choses. Il est encore permis d’espérer que plus aucune goutte de sang ne sera versée quel qu’en soit le prix politique.

 


 

 

 

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