Prix International du Documentaire et du Reportage Méditerranéen

 

 

Prix International du Documentaire et du Reportage MéditerranéenLes hauts murs de la citadelle de Cagliari n’ont pas pu protéger le jury de la vague d’émotion qui l’a submergé hier, lors des visionnages des films de la catégorie «Enjeux». La qualité du travail des auteurs a été saluée à l’unanimité. Aujourd’hui est la journée la plus longue de la semaine : Six films au programme dans la catégorie «Mémoire»:
«Il mio paese» Le réalisateur Daniele Vicari retourne sur le chemin du film «L’Italie n’est pas un pays pauvre». 45 ans après le film réalisé par le grand cinéaste Joris Ivens, qu’est devenue aujourd’hui cette Italie, à l’époque en pleine industrialisation?
«J’en ai vu des étoiles» C’est l’épopée de la boxe en Tunisie, à travers le portrait des stars de l’époque qui ont fait rêver tout un peuple .
«Jérusalem au nom du père et du fils» Une famille arménienne, photographe de père en fils à Jérusalem. Trois générations qui ont enregistré des milliers d’images de la vie quotidienne des habitants de la ville. Un extraordinaire travail de mémoire.
«Les pieds noirs, histoires d’une blessure» L’Algérie française, l’histoire des pieds noirs à travers des témoignages personnels et des archives familiales. Les anciens libèrent enfin leur parole pour exorciser leur souffrance.
«The forgotten  Dans les années 30, la guerre civile espagnole faisait rage. Les soldats
musulmans étaient au front. Aujourd’hui qui s’en souvient ? Qui sont ces oubliés de
l’histoire ?
«Wasted» Le poste de Beaufort, au Sud-Liban est un lieu mythique dans l’esprit de générations d’israéliens. C’est le site d’une des batailles les plus controversées de l’armée israélienne au Sud-Liban… De jeunes soldats témoignent.

 

 



L’interview du jour
Prix International du Documentaire et du Reportage MéditerranéenAntonio Neves , réalisateur portugais et président d’Apordoc, association de producteurs de documentaires.
Quelle est pour vous la valeur d’un festival sur la Méditerranée ?
C’est essentiel, car on a des choses à se dire. Entre le nord et le sud, nous n’avons pas seulement la mer qui nous unit. Nous avons des racines communes, on le voit dans ce qu’on mange, dans ce qu’on cultive, mais aussi à travers notre façon d’exprimer nos sentiments. Nous sommes UN peuple fait de plusieurs peuples. Ces documentaires rendent compte de tout cela.
La production documentaire est-elle importante au Portugal ?
C’est très récent dans mon pays, ce regard presque anthropologique sur l’actualité, sur un thème ou sur une personne. C’est récent pour des raisons historiques. Le Portugal a vécu 48 ans sous le fascisme et la dictature. Bien sûr on ne peut pas rendre le fascisme responsable de tout, mais longtemps, les étudiants n’ont même pas pu accéder aux sciences humaines, à l’ethnologie et à l’anthropologie visuelle
Le documentaire au Portugal est-il l’expression d’une parole qui se libère enfin ?
Oui, qui se libère, mais aussi qui s’organise de façon collective. La démocratie permet de parler sans censure, mais elle responsabilise la parole. La question aujourd’hui pour nous, est plutôt de savoir comment on s’exprime et avec quels instruments. Ce sont précisément ces réflexions que nous menons au sein de notre association Apordoc.

 

 



Les à-côtés du Prix
Prix International du Documentaire et du Reportage MéditerranéenL’installation technique de cette 12ème édition a été particulièrement complexe. La configuration de la citadelle a causé de nombreux problèmes de câblage. Les techniciens ont dû créer un réseau provisoire. Il a fallut envoyer des signaux dans toutes les salles, certains bâtiments étant éloignés de plus de 300 mètres du centre technique.
Pour Stefano Nirchio (photo), responsable technique à la RAI, «il fallait relever trois défis : respecter toutes les normes de sécurité, sauvegarder l’esthétique de ce lieu historique et s’adapter aux horaires de cours des étudiants de l’Université»

Toute cette installation a permis la configuration de 3 réseaux virtuels : un pour le trafic internet, un pour tout le staff qui travaille sur le Prix, et un pour les produits multimédias. Grâce à toutes ces prouesses techniques, le public a, cette année, la possibilité de visionner, à la demande, une centaine d’heures de documentaires. Et pour tous ceux qui s’inquiètent de la protection des oeuvres, Stefano nous rassure «Il n’y a aucune possibilité de réception à l’extérieur de la Citadelle. Les films sont fournis en streaming et ne peuvent pas être téléchargés. Le projet prévoit en outre un système DRM (Digital Right Management) pour la protection des oeuvres».

 

 

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