Prix International du Documentaire et du Reportage Méditerranéen

 

 

Prix International du Documentaire et du Reportage MéditerranéenDe la Citadelle où nous sommes, nous surplombons la vieille ville de Cagliari.
Cagliari, la ville la plus grande de la Sardaigne, qui s’étend le long de la côte sur neuf collines calcaires. Le jury (photo) , qui visionne six heures par jour, n’a que quelques pas à faire pour avoir une vue plongeante sur la mer…
Aujourd’hui, est une des journées les plus importantes de la semaine. Le Grand Prix du CMCA catégorie «Enjeux» est au programme : cinq films, qui expriment tous des drames de l’actualité méditerranéenne, vont certainement donner lieu à de longues discussions passionnantes.

Les films diffusées aujourd'hui sont :
«Ces filles là» Dans les rues du Caire, des adolescentes en rupture familiale, se retrouvent dans un univers de violence et d’oppression. Une plongée dans un monde de misère où la pitié n’a pas cours.
«Dialogues in the dark» Un voyage à travers le sud-est de la Turquie. Là, les femmes sont encore menacées de mort par les hommes de leur famille, pour avoir eu une relation «intime» avec un homme.
«Pickles» Le village arabe de Tamra au nord d’Israël. Huit femmes de 35 à 50 ans, veuves, condamnées par la société à vivre seules et sans ressources, se révoltent et décident de se battre en ouvrant une usine de condiments, de « pickles ».
«To die in Jerusalem» Deux familles face à face devant leur douleur. Deux morts inutiles, deux victimes : Rachel la jeune israélienne, victime de l’explosion et Ayat, la jeune palestinienne kamikaze.
«Welcome Europa» La misère de jeunes clandestins qui, pour survivre, n’ont qu’une solution, la prostitution. Le paradis rêvé pendant si longtemps, se trouve être le pire des enfers.

 

 



L’interview du jour
Prix International du Documentaire et du Reportage Méditerranéen

Francesca Catarci , réalisatrice sur la chaîne de télévision italienne RAI Tre, qui décerne un prix à la diffusion.

Qu’est-ce qu’un bon documentaire ?
Pour moi, un bon documentaire doit être touchant, il doit provoquer des émotions et aider à réfléchir. Les trois sont nécessaires. C’est aussi un regard uniquement subjectif.

Le documentaire a-t-il sa place sur les chaînes de télévision italiennes ?
Nous sommes en retard en Italie. En général, le documentaire n’a pas beaucoup de place dans les chaînes généralistes. Rai Tre, elle, a ouvert un espace spécifique et l’a expérimenté en prime-time. Du point de vue de l’audience, les résultats ont été mitigés. Le public est habitué aux documentaires scientifiques ou de voyages, mais pas à ceux qui traitent des questions de société. Rai Tre est un peu un précurseur dans ce domaine en Italie.

Qu’est-ce qui vous a le plus intéressé dans les documentaires que vous avez visionnés
depuis deux jours ?

Le plus intéressant, ce sont les regards croisés entre le nord et le sud. Ce sont des points de vue si différents ! Le Sud m’intéresse; il commence à avoir un regard plus attentif sur ses propres racines, à les valoriser. Le Sud a un regard plus critique aujourd’hui sur le Nord.

 

 



Les à-côtés du Prix
Comme l’an dernier, le CMCA accueille onze réalisateurs-journalistes de l’ASBU (l’Association des télévisions des pays arabes) qui visionnent les documentaires avec le jury international et suivent pour certains, une formation à l’écriture vidéo.
Ils viennent d’Egypte, d’Oman, d’Algérie et de Tunisie. Ils s’appelent Imane, Khalid, Malika, Abdelmajid. Pour chacun, l’objectif est de tourner et de réaliser un sujet «carte postale» sur la ville de Cagliari. Deux professionnels les accompagnent dans leur projet : Jacques Hubinet, cameraman, président de la société de production marseillaise « Les films du Soleil », et Sébastien Turay, réalisateur-monteur.
Imane, réalisatrice égyptienne à Nil Thématique channel, aborde cette formation avec un très grand enthousiasme et une farouche envie d’apprendre. Depuis l’enfance, cette jeune femme, passionnée et volontaire, veut raconter des histoires. Avec sa caméra, elle impose son style et son regard mais regrette que dans son pays les femmes aient encore trop peu de place dans le documentaire. «Les femmes ont des idées mais elles doivent faire beaucoup plus d’efforts que les hommes pour être acceptées», nous confiet-
elle. A force de détermination, elle réalise aujourd’hui documentaires et reportages, et a su se faire un nom. Elle représente un espoir pour toutes celles qui voudraient suivre le chemin qu’elle a tracé depuis de nombreuses années.

 

 

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