Partir

Partir
Bari, Italie

 

Le 17 avril 2007, à 8 heures du matin, je quitte le village de Notre Dame de Bellecombe en Savoie, marchant le long de la route à demi enneigée, le pouce tendu vers l’inconnu. Après un dîner copieux et bien arrosé chez des amis, un peu plus bas dans la vallée, me voici à la mi-journée, traversant le tunnel du Mont-Blanc à bord d’un camion de marchandises italien. Le cœur gros, atteignant Aoste à la tombée de la nuit, je rends visite à mon amie Susanna, serveuse dans un bar de la vieille ville...

C’est ainsi que commença mon voyage autour du bassin méditerranéen. Un vieux rêve concocté et devenu réalité pour aller au delà de mes idées préconçues, pour percer le mystère d’une certaine identité culturelle méditerranéenne, pour que l’intelligence grandisse au contact des autres… Par soif d’aventure, par désir d’apprendre et besoin de rencontres, pour palier à l’ennui des manuels scolaires. Pour aller à la rencontre de l’Autre et de moi-même.

Le 29 septembre, à 13 heures, le Ibn Tarek Ziyad - l’un des plus vieux ferries établissant la liaison Alger - Marseille - entre en vue des côtes françaises. La ressemblance avec Alger la blanche fait sourire bon nombre des passagers, les hauteurs du Vieux Port ayant le même reflet que les ruelles de la Casbah. Après une bonne heure d’attente, je pose le pied sur le sol du port autonome de Marseille, face à la rue de la république en pleine transformation. Amaigri, quelques dinars algériens en poche et un sac presque vide, je peine à réaliser la joie immense de ce qui est en train de s’accomplir : la fin d’un voyage de sept mois durant lequel j’ai pu rencontrer tant de destins croisés et de lieux singuliers, mettre en perspective les réalités observées. Des instants de joie et d’autres de souffrance, des amitiés nouées, une mémoire débordante de souvenirs.

 

Partir
Itinéraire de Simon

 

J’aimerai ici offrir mon regard sur le monde méditerranéen, l’ouverture qui s’est immiscée en moi à l’issue de cette expérience. Un passeport français et deux mois de salaire en poche, m’ont suffit pour parcourir pendant 6 mois le pourtour méditerranéen d’Athènes à Alger en passant par Istanbul, Beyrouth, Damas, Jérusalem, Le Caire, Alexandrie, Tripoli et Bejaia entre autres. Une invitation au voyage et aux rencontres, aux découvertes, en confrontant la réalité au mythe de la Méditerranée.

 

Simon Hartmann
(02/01/2008)

Related Posts

Li- Ma-Teu - Ricci Matteo

02/05/2005

Li- Ma-Teu - Ricci MatteoJésuite italien aux capacités d’adaptation et d’apprentissage hors du commun, Matteo Ricci est le premier Occidental à avoir été enterré en terre chinoise où sa tombe est, aujourd’hui encore, vénérée. C’est aussi le premier à avoir établi une carte géographique de la Chine, un dictionnaire des langues chinoises et portugaises, à avoir traduit Euclide en chinois et Confucius en latin ... Peu connu en Europe, le frère Matteo Ricci reste pourtant le premier lien de connaissance et d’échange entre une Méditerranée bercée par la culture grecque et chrétienne et un Orient inconnu, craint et hermétique. Pour l’Encyclopedia Britannica: "Aucun nom européen n’est aussi connu en Chine que celui de Li-Ma-Teu, Matteo Ricci"

Tombouctou: Un patrimoine islamique en détresse

13/08/2012

tim_110Dans la confusion de la guerre civile qui se déroule au Mali, La ville mythique de Tombouctou est tombée entre les mains des rebelles de la faction Ansar Ed-dine, dérivée d’Al-Qaïda aux pays du Maghreb (AQMI) qui se proclame du wahhabisme pur et dur.

 

Carnet de méditerranée à New York

28/02/2005

Carnet de méditerranée à New YorkLa sortie de métro débouche sur un vaste carrefour où il faut chercher loin le panneau de l’avenue mythique, celle du Moyen-Orient à New York, dit-on. Les jeunes femmes enveloppées de leur hijâb marchent droit devant elles, figées par le froid de cet après-midi de février. Un homme à la longue barbe teinte au henné m’indique, lui aussi, que je ne dois pas m’être trompée. Avenue large comme celle qui porte le nom d’un océan… Nul doute qu’elle loge tous les possibles d’un ailleurs qui s’est égaré ici sur cette rive de l’Atlantique.