Ferrandez au Liban

  Ferrandez au Liban L’homme est tombé amoureux du Liban, ça a même commencé avant qu’il n’y mette le pied, avec le visage de l’hôtesse de la Middle East Airlines «comme un désir d’Orient» ; ça ne l’a plus quitté depuis, qu’il s’agisse des paysages de la Beqaa ou de la Qadisha, de Beyrouth entre destruction et reconstruction, ou surtout les Libanais à l’accueil proverbial, ce peuple «ivre de vie» qui exprime «sa volonté d’exister dans sa diversité et ses différences».

Sans nul doute, Beyrouth a exercé une fascination particulière sur Jacques Ferrandez, qui y consacre de nombreuses pages, explorant quartiers après quartiers cette invraisemblable succession de chantiers et d’immeubles en ruines, criblés d’impacts de balles et de trous d’obus restés béants. Comme si la frénésie de reconstruire à grands coups de béton, marbre, verre et acier, cette fièvre de la ‘table rase’ était toujours en balance avec une sourde volonté de conserver des traces des 15 ans de guerre civile, comme si ces ruines branlantes constituaient le seul monument possible, la seule expression tolérable d’un impossible devoir de mémoire.

Ferrandez au Liban Dans le Liban de Ferrandez, dans le Beyrouth réel, «pas de mémorial, pas de monument aux morts, pas de stèle du soldat inconnu. Les traces de la guerre disparaissent jour après jour, dans la fièvre de la reconstruction, beaucoup plus anarchique dès qu’on quitte le périmètre de ‘Solidere’» Pourtant, chacun a chez soi les photos de ceux qui sont tombés ou qui sont disparus. C’est une affaire personnelle, intime. Oublier la guerre?

De la rue Monot à la Grotte aux Pigeons, de Beiteddine à Saïda, de Tyr aux positions de la FINUL sur la frontière israélienne, des vignobles de la Beqaa à «la montagne», Ferrandez nous promène dans son style bien à lui dans ce Liban qu’il aime. Et qu’il vous fera aimer si vous ne le connaissez pas déjà. Ferrandez au Liban Dans son inimitable patchwork de dessins et d’aquarelles, de coupures de journaux et d’étiquettes de bouteilles de vin, de légendes couchées sur un coin de page à des commentaires plus politiques, Ferrandez restitue à merveille ce pays complexe et si souvent insaisissable. Rédaction Babelmed

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