Un été meurtrier

Un été meurtrier Beyrouth, le 14 août 2006
Je n'ai de mon passé qu'une demi mémoire,
La moitié qui est femme et porte des enfants
Qui ne naîtront jamais, dont je connais l'histoire
Et qui chantent sans voix les comptines d'antan
Un été meurtrier
Nous allons bien, et vous ?
Beyrouth, le 17 juillet 2006
Du théâtre Shams de Beyrouth, Roger Assaf dénonce, avec plusieurs personnalités, le carnage systématique de la population civile libanaise, prisonnière du fait de la destruction de toutes les voies d’accès aux autres régions : "À l'heure actuelle, écrit-il, l'armée israélienne utilise des bombes interdites par les conventions internationales: phosphore et gaz toxiques, bombes à implosion, à fragmentation, à déflagration (clusterbombs)...Le massacre des enfants est-il un moyen d’auto-défense préventif? Un sage a dit un jour : «Il vaut mieux subir le mal que le faire».Oui, mais ajoutons : il vaut mieux dénoncer le mal que le taire".

Un été meurtrier

La guerre ou le retour pour les Libanais aux réflexes d'une mémoire réactivée
Ma mère prépara la valise de l’abri. Ce faisant, elle n’était ni pressée, ni émue, ni apeurée. Elle prenait tout son temps pensant à tout ce dont on pourrait avoir besoin au cas où il nous faudrait descendre précipitamment dans les abris. Ma mère ne savait pas que nous aurions à le faire, mais elle savait sans aucun doute que, contraints à nous réfigiés à la cave, nous n’aurions nullement le temps de prendre nos affaires.



Un été meurtrier

Le Liban sous les bombardements israéliens
Voici que soudain des files de voitures se forment devant les stations service, les boulangeries sont remplies de clients, les examens sont suspendus à l’université, et les journaux publient à la une les lambeaux de l’enfant tuée avec toute sa famille lors du pilonnage israélien du village d’Adouir. Et voici que les journaux nous rappellent que ce massacre d’Adouir est une réédition de celui de Mansouri qui a horrifié les Libanais qui, quelques jours plus tard, ont été épouvantés par le massacre de Canna. Autant de massacres qui sont à notre actif puisqu’ils témoignent de la barbarie israélienne que nous rappelons au monde, sans nous rendre compte que ces spectacles atroces ne font plus de mal à personne d’autre que nous.
 
Israël est seul
Comment le gouvernement de Tel-Aviv pourra-t-il invoquer l’application –sacro-sainte- de la résolution 1559 de l’ONU, qui somme le Hezbollah de désarmer, alors que lui-même, depuis un demi-siècle, a ignoré toute autre résolution des Nations Unies, à commencer par la 242, fondamentale, qui lui intimait de se retirer à l’intérieur des frontières de 48? Comment pourra-t-il rendre convaincante sa propre voix accompagnant celle de son tout aussi inconscient allié américain, dans sa revendication d’une intervention armée contre l’Iran, parce que celui-ci prétend posséder un potentiel nucléaire, alors qu’Israël même le possède en violation de toute norme internationale?

Un été meurtrier

Ils sont en train de nous punir
Notre fragilité est plus grande que nous le pensions. Ce que nous avons réalisé en un an, s’est effrité en un jour ; ce pour quoi nous avons peiné durant dix ans s’est consumé en une heure. Tous nos sacrifices pour libérer notre terre sont partis en fumée, pour rien. Et nous voici captifs du feu et du fer...

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Je suis seul avec les images et les cris des victimes du nouveau carnage commis par l'armée israélienne: le village de Qana, à l'Est de Tyr, contrôlé par les Forces de l'ONU, célèbre par les noces bénies par un certain Jésus il y a deux millénaires, célèbre par un carnage commis par l'armée israélienne le 16 avril 1996 (avant-dernière en date des agressions israéliennes sur le Liban), QANA, CE MATIN, A DE NOUVEAU ETE LA CIBLE DES CRIMINELS DE TSAHAL: une habitation de trois étages ou dormaient une cinquantaine de civils, pour la plupart des femmes et des enfants, a reçu la carte de visite d'un superbe pilote israélien, aux nerfs d'acier et à l'étincelante technologie, capable de déchirer le ciel et d'atteindre une cible avec une précision admirable (camion de ravitaillement, camionnette surchargée de réfugiés, antenne de télécommunication, vélomoteur(!)…),