Saison Gaza Genève

  Saison Gaza Genève Elle est difficile. Mais elle est bien là. Et elle aspire à la qualité et à la contemporanéité. Ce programme en est une approche. Afin d’étoffer ce regard sur Gaza, c’est de façon naturelle que les organisateurs l’ont élargi à des artistes palestiniens et de Genève.

On est loin des propositions artistiques répondant à une image nationale obligée, dans une logique de slogans idéologiques : la voix qui émerge est vulnérable, fragmentaire, fracturée, souvent silencieuse.
Bien sûr, une manifestation comme celle-ci pose la question de l’articulation entre art et politique. Faut-il souhaiter que faire de l’art l’emporte sur faire de l’art palestinien ? Pour l’heure, la question reste ouverte. Elle sera notamment posée lors de deux tables rondes.
Grâce au cinéma, aux musiques métissées de sources arabe et occidentale, aux propositions visuelles, au design, une image de la complexité de l’identité palestinienne se révèle. Les images du gaziote Taysir Batniji sur les traces de mémoire que recèlent les murs intérieurs et extérieurs de Gaza City répondent à l’imposant portrait photographique en noir et blanc et dix questions par Oliver Coret. Le designer Rashid Abdelhamid expose quant à lui des meubles qui allient savamment l’élégance du design européen avec les matériaux et le savoir-faire de Gaza. Rappeurs et dessins du collectif El Tiqa font aussi le voyage à Genève ce printemps.

Avec tous ces artistes de Gaza, dans le même mouvement, la saison offrira aussi la vision de l’ensemble de l’œuvre cinématographique du génial Elia Suleiman. Le mariage entre la diva Kamylia Joubran et le musicien électro Werner Hasler sera passionnant, tout comme la musique ethno-jazzy de Michel Sajrawy de Nazareth. La soirée carte blanche du cinéaste Nicolas Wadimoff apportera, avec d'autres films, des points de vue subtils, délicats, audacieux, et réfléchis. Saison Gaza Genève Ces manifestations sont organisées parallèlement à l'exposition Gaza, à la croisée des civilisations du 27 avril au 7 octobre 2007 au Musée d’art et d’histoire. Cette dernière réunit des objets qui couvrent un large éventail de la vie quotidienne, civile et religieuse, de l’Antiquité à l’époque islamique. Ils reflètent la formidable diversité archéologique de la Bande de Gaza.

S'étirant entre l'Egypte et Israël, les 362 km2 de la Bande de Gaza défraient nos médias avec une tragique régularité, masquant quelle richesse archéologique fabuleuse repose dans son sous-sol. Sites pharaoniques, assyriens, perses, grecs, romains, byzantins et islamiques jalonnent ce territoire, relais essentiel pour la route terrestre unissant l’Afrique à l’Asie et grand port au débouché de la Route de l’encens.

Le Musée d’art et d’histoire propose une grande exposition dévoilant les multiples facettes de ce patrimoine archéologique reflétant la multiplicité des civilisations qui ont imprégné cette région. Cette manifestation est conçue dans le cadre d’un projet patronné par l’UNESCO : la création d’un musée archéologique sur le site même du port antique de Gaza. Financé par la société civile palestinienne, le développement du futur musée archéologique se fera avec le soutien scientifique et technique des Musées de la Ville de Genève.

Sur invitation du Cabinet des estampes, Fareed Armaly présente une intervention contemporaine en interaction avec l'exposition archéologique. Une archéologie révélée pour la première fois.
(13/03/2007)

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