Le monde se recueille pour un ultime adieu à Wojtyla

 

Le  monde se recueille pour un  ultime adieu à Wojtyla

60.000 personnes s’étaient rassemblées sur la place Saint Pierre de Rome pour prier et accompagner le Pape dans ses derniers moments. Un long silence a parcouru l’immense foule à l’annonce de sa mort, quand sa chambre a été illuminée.

Un peuple de croyants, de gens bouleversés, des centaines de jeunes, qui avait pris d’assaut la place depuis deux jours, s’est brutalement tu dans un impressionnant recueillement collectif, retransmis par toutes les chaînes de télévision du pays, sans exception.

Beaucoup d’entre eux ont tenu à passer la nuit sur place. Des groupes de jeunes s’accompagnant de guitare ont repris les chansons qui plaisaient à Wojtyla, tandis que des applaudissements jaillissaient, à intervalles réguliers, vers ses appartements. A l’aube la place était à nouveau enveloppée d’un silence grave.

Jean-Paul II, qui avait tenu malgré sa santé précaire à porter jusqu’au bout son pontificat, avait refusé quelques jours plus tôt l’énième hospitalisation à l’hôpital «Gemelli» de la capitale.

Le Pape a donc fini par mourir après une interminable agonie, après de longues années de souffrances publiques.

Hors la religion, il restera dans l'Histoire comme le pourfendeur de l'Union Soviétique et du bloc communiste. Il les a combattus avec courage, s'appuyant de toutes ses forces sur la foi catholique des Polonais.

Le  monde se recueille pour un  ultime adieu à Wojtyla
Vatican, (photo Pauline Mancini)

Ce combat, il l'a payé dans sa chair, foudroyé en pleine Place Saint Pierre par les balles d'un Turc envoyé par des Bulgares qui agissaient en sous-main des Soviétiques. De ces blessures, il ne se sera jamais remis. Mais de ces blessures et de ces souffrances tant médiatisées, il est sorti vainqueur, vainqueur du goulag.

Jean-Paul II est aussi le Pape qui a le plus voyagé, à la rencontre de l'Autre, et qui a joui d'une étonnante popularité notamment dans les pays musulmans ou à majorité musulmane, du Maroc à l'Indonésie, en passant par la Syrie.

Il fut le premier Pape à entrer dans une synagogue, à Rome en 1986, à aller au Mur des Lamentations à Jérusalem, et à entrer dans une mosquée, la Grande Mosquée des Ommeyades à Damas en 2001.

C’est pourquoi toutes les communautés religieuses ont tenu à lui rendre hommage avant même qu’il ne quitte cette terre. Tous les croyants ont commencé à se recueillir un peu partout dans le monde autour de ce qui fut incontestablement un des plus grands papes de l’église catholique.

De nombreux pays tels que Cuba, où le Pape s'était rendu en 1998, ont décrété, à l'instar de l'Italie, trois jours de deuil national.

200.000 fidèles se sont massés ce lundi 4 avril après-midi pour un dernier adieu à Jean-Paul II, dont la dépouille sera exposée en soirée dans l'église Saint Pierre.

Rome attend environ deux millions de pélerins pour les funérailles de son pape qui auront lieu vendredi 8 avril à 10 heures à Saint Pierre de Rome.Un plan d'émergence, comparable à celui mis en place pour le Jubilée, a été activé par la ville de Rome.
 


 

Rédaction Babelmed

 

 

 

Related Posts

Dessins de presse pour les Droits Humains

01/07/2008

Dessins de presse pour les Droits HumainsRencontre avec Samia Kouider, coordinatrice de l’exposition itinérante «Vignette dal mondo per i Diritti Umani» (Dessins de presse pour les Droits Humains) réalisée à l’occasion du 60ème anniversaire de La déclaration Universelle des Droits Humains.

Sentir, re(s)-sentir avec les yeux

06/04/2006

Sentir,  re(s)-sentir avec les yeuxDu 6 avril au 27 mai 2006, Milan. Cette exposition de peintures et photographies présentées à la Galerie San Fedele de Milan met en avant la nécessité de sentir - et de ressentir - avec les yeux : c’est donc par l’image que l'individu est mis en scène et questionné. A signaler parmi les différents parcours proposés, le reportage bouleversant d'Alberto Muciaccia réalisé dans un centre pour réfugiés à Rome.

Les Roms de Rome

23/09/2015

Romanì di Roma | babelmed | donne - migrazione - mediterraneoDans les campements, 90 % des gens vivent en dessous du seuil de pauvreté, 20% n’ont pas de sécurité sociale et l’espérance de vie est inférieure à la moyenne nationale de dix années. L’absentéisme scolaire est très répandu, à peine 1 % des jeunes Roms accèdent aux études supérieures. A lire l’enquête de Babelmed à Rome, où 9 mille Roms vivent encore dans des logements qui ne sont pas conformes aux normes internationales de sécurité, paix et dignité.