San Vito, capitale de tous les couscous

  San Vito, capitale de tous les couscous San Vito lo capo n’est pas exactement une grande métropole de la méditerranée et il y a six ans, quand le petit village sicilien proposait la première édition de son festival «Couscous Fest», la nouvelle interessait surtout par son caractère anecdotique. Un festival, doublé d’un concours international du meilleur couscous faisait sourire...

Alors que le festival a clôs la compétition le 25 septembre dernier, son aura a largement dépassé les frontières siciliennes ou même italiennes. Première page du quotidien français «Le Monde», sujet d’un long dossier sur «International Herald Tribune», le Couscous Fest vante aujourd’hui: 100.000 présences, 10.000 billets vendus, 5000 litres de vin sicilien, 80 sponsors publics et privés, 10 troupes de télévision nationales et sattelitaires, 30 types de cuisines diverses, 40.000 portions de couscous, 20.000 portions de gateaux siciliens, 200 litres d’huile extra vierge d’olive, 8 pays venus de 3 continents, 50000 accès par an au site de plus de 40 pays, entre lesquels on compte, le Japon, les Philippines, le Costa Rica, la Colombie, le Chili, l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite et les Seychelles!

Le couscous, amalgame de semoule est aussi celui des cultures. Il est en effet, pendant 5 jours, le goulu pretexte qui réunit en Sicile, les meilleurs chefs du monde pour une apétissante compétition culinaire. Un jury international composé de journalistes, penseurs et experts du secteur enogastronomique ont décerné cette année, le prix du meilleur couscous aux Chefs algériens Sidali Lahlou et Thouria Chab.
San Vito, capitale de tous les couscous Le couscous entre légende et réalité
Une légende raconte que le roi Salomon, tombé éperdument amoureux de la reine de Saba, passait des nuits d’insomnie et dépérissait à vue d’oeil. Le médecin de la cour lui prépara un plat de semoule de grain dur, assaissoné d’essences végétales. Le roi reprit sa vigueur et put finalement régner en paix. Le couscous naquit ainsi. C’est du moins ce que raconte la légende qui associe à cette préparation deux paroles clefs - amour et paix - qui font de ce plat quelque chose en plus qu’un simple objet gastronomique.

Cous cous, un plat qui a fait le tour du monde
Il faut de l’amour pour donner vie au rite antique de la préparation du couscous: le travail de la sémoule et son amalgame sont des pratiques qui requièrent la plus grande patience. Pourtant, une fois une fois cuisiné, le plat est une joyeuse métonymie des marées de l’histoire qui ont influencé les peuples du Maghreb, jusqu’à en adopter les us et coutumes: Maftoul, kseksou, cuscus, cuscussù, cascasa, sekso, kskso, kuskus, burgul, tabouleh…
De l’Afrique à la Sicile, de l’Europe à l’Amerique du sud, le couscous a voyagé et voyage encore dans les coeurs et les traditions des émigrés. Il est devenu aujourd’hui un des premiers exemples de «glocal» : plat globalisé par excellence, mais caméléon par rapport aux gastronomies locales. En côte d’ivoire, on trouve dans ses ingrédients des racines de manioc, à San Paolo du Brésil on y ajoute des coeurs de palmiers et au Maroc le smen et la cannelle. Le mot d’ordre de l’événement est donc : la diversité avant tout. Le couscous ne se superpose pas aux usages locaux, il les amalgame patiemment entre ses graines, livrant ainsi de précieux enseignements. Rédaction Babelmed

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