Salam Kawakibi

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Il est très facile de jeter la pierre au Hamas
«En 1948, nos parents n’avaient appris la perte de la Palestine que deux mois après l’événement. Donc, ils pouvaient nous dire qu’ils ne savaient pas. Maintenant, nous suivons en direct ce qui se passe à Gaza. Qu’allons-nous dire à nos enfants ?’, commente le téléspectateur d’une chaîne arabe.
Le nombre des morts parmi les civils palestiniens ne cesse d’augmenter et les victimes parmi les enfants dépassent les 300. Les images des têtes brûlées, des corps mutilés semblent devenir un pain quotidien pour un téléspectateur qui ressent de plus en plus son impuissance dans une région encombrée par des régimes totalitaires, souvent soutenus par l’Occident, qui considèrent même certains parmi eux comme ‘modérés’.
Une cause nationale que certains communicateurs en Occident essayent de présenter comme une -guerre communautaire afin de minorer son importance et d’éviter la moindre comparaison avec les luttes prédéfinies comme légitimes contre les occupations et l’injustice.
Très facile, et même valorisant pour certains, de jeter la pierre au Hamas pour se montrer moderne, démocrate et civilisé. Malgré les années lumières qui séparent l’idéologie de ce mouvement politique de mes propres convictions, je ne peux pas être un démocrate sélectif. Ils ont été élus et ce qui se passe aujourd’hui les renforce politiquement et va renforcer tous les partis et les mouvements de la même nature dans les autres pays arabes.
Nous constatons en lisant les déclarations israéliennes que cette guerre, comme ce fut le cas pour la guerre contre le Liban en juillet 2006, a été préparée bien avant la fin de la trêve. Arrêtons l’hypocrisie ! Quelle trêve? Si les Israéliens “souffrent” des tirs d’obus qui “choquent” leurs civils depuis huit ans, comme le soulignait leur ambassadeur à Paris, les Palestiniens souffrent de l’occupation, de l’exil, des massacres et des bombardements depuis plus que quarante ans. Ouvrons les yeux et soyons honnêtes, un petit moment peut-être.
Cependant, et c’est dur à dire, il y a un côté positif dans cette catastrophe. Ce sont les réactions populaires qui se développent d’une manière réfléchie, malgré quelques dérives. Les sociétés civiles arabes doivent “sauter” sur cette “occasion” pour renforcer leur présence très affaiblie sur le terrain de l’action. Les premières démonstrations sont rassurantes. Les dictatures commencent à prendre en compte cette nouvelle dimension, en la réprimant parfois, mais aussi en essayant de la contenir. C’est le moment ou jamais pour que les élites, de toutes tendances, prennent leurs responsabilités, longtemps délaissées.»

 


 

Salam Kawakibi Cet article fait partie du dossier sur Gaza, publié dans le n° de février du Le Courrier de l’Atlas .

 

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