Les frontières au Moyen-Orient

 

Les frontières au Moyen-Orient

Les frontières: un sujet et un enjeux essentiel aujourd’hui au Moyen-Orient, matière d’affrontements souvent sanglants entre les populations de la région. Le conflit israélo-palestinien en est un exemple. «Frontière» est aussi un terme aux glissements sémantiques multiples: de simple terme qui indique une limite entre les Etats il s’enrichit pour devenir « frontière naturelle», notion adoptée parfois par des responsables politiques pour «faire croire à une sorte de réalité hors du temps à la quelle les hommes devraient se soumettre» ou encore «notion utilisée par des dangereux idéologues qui veulent camoufler leur volonté de conquête et de domination»…
Dans le livre Les frontières au Moyen-Orient, qui vient de paraître, les auteurs, Jean-Paul Chagnollaud et Sid-Ahmed Souiah, explorent les raisons de la crise structurelle propre à cette région et l’enjeux clé des frontières. L’une des raisons de cette crise renvoie à la formation des Etats du Moyen-Orient, tous issus du démembrement autoritaire de l'Empire ottoman dans les années 20, décidé par la France et la Grande-Bretagne. «Ces découpages territoriaux ont été d'une importance capitale puisqu'ils ont déterminé arbitrairement pour chacun de ces Etats sa superficie, sa configuration géographique, la structure de sa population, ses potentialités économiques, ses possibilités d'accès à la mer, l'identité de ses voisins… Sans un retour sur ces moments fondateurs, on ne peut comprendre la crise et la situation actuelle du Moyen-Orient» explique la note de l’éditeur.

Le premier chapitre aborde les rivalités franco-britanniques, les accords Sykes-Picot et les aspirations nationales des peuples de la région: Turcs, Arméniens, Kurdes, Arabes ainsi que le mouvement sioniste. Les fragilités et contradictions du nouvel ordre régional sont au centre du deuxième chapitre, dont une partie est dédiée à la Palestine, à la Transjordanie et à l’Irak. Le troisième chapitre montre et analyse les étapes de la construction de l’Arabie saoudite et la mise en place des frontières entre les Emirats et le Yémen. Le dernier chapitre analyse les questions territoriales dans le conflit israélo-arabe et israélo-palestinien jusqu’au processus de paix et à l’initiative de Genève.
Le lecteur appréciera aussi l’utile infographie avec 16 pages de cartes en couleur et les nombreuses cartes en noir et blanc en annexes dans le livre.



Les auteurs :
Jean-Paul Chagnollaud est professeur de sciences politiques, doyen de l’UFR de droit de l’Université de Cergy-Pontoise et directeur de la revue Confluences Méditerranée. Parmi ses dernières publications Israël Palestine: la paix est possible, sous la direction de Isabelle Avran, Jean-Paul Chagnollaud, Alain Gresh, Giovanna Tanzarella.

Sid-Ahmed Souiah est maître de conférence habilité en géographie à l’Université de Cergy-Pontoise, chercheur au laboratoire MRTE (Cergy-Pontoise) et au SEDET/CNRS Paris 7 – Denis Diderot, équipe du GREMAMO. Antonia Naim

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