Portraits: l’immeuble Yacoubian

  Portraits: l’immeuble Yacoubian Depuis trois ans, Arnaud du Boistesselin réalise pour le Centre culturel français une série de portraits des «Invités» du centre. Les différents intervenants, acteurs, écrivains, réalisateurs qui visitent le Caire sont photographiés dans un endroit de la ville qui correspond peu ou prou à un détail de la vie de cette personne.

Quand Alexandre Sorrentino, l'attaché audiovisuel du Centre culturel français du Caire, a programmé cette exposition, il a demandé à Arnaud du Boistesselin de faire une nouvelle série de portraits, mais cette fois des personnages du film de l’Immeuble Yacoubian. Les protagonistes, devenus deux fois célèbres, grâce au succès du roman de Ala Al-Aswany d’abord (meilleure vente d’un roman arabe en 2002-2003 et traduit en français chez Actes Sud) puis au film de Marawan Hamed (plus gros budget dépensé pour un film égyptien) sont réinterprétés ici sous l’œil du photographe français. Portraits: l’immeuble Yacoubian L’immeuble Yacoubian (عمارة يعقوبيان ) fonctionne comme une monographie presque exhaustive et totalement sans pitié de la société égyptienne depuis le coup d’état de 1952 jusqu’au années 90. Le roman respecte l’unité de lieu des tragédies classiques, avec un centre sémantique placé dans le centre ville décrépi du Caire, autour de la place Talat Harb et de l’immeuble éponyme. Le bâtiment sert de métaphore de l’Egypte contemporaine et de lieu unificateur dans lequel les personnages principaux vivent ou travaillent.

Pour cette série, le photographe n’a pas cherché à reprendre l’esthétique du film, mais s’est plutôt inspiré de son atmosphère mélancolique et désuète: «Pour les portraits de "l'immeuble Yacoubian" je ne voulais pas singer le film mais en garder un peu la nostalgie». Les lieux des prises de vues correspondent parfaitement à ce désir de redécouvrir les rouages de la nostalgie. «J'ai choisi deux hôtels des années 30 toujours en activité, le Windsor et le Carlton et deux autres endroits, la bibliothèque de l'hôtel Talisman et la boutique du chemisier William. Ces endroits sont encore empreints de cette nostalgie cairote sans être trop délabrés. Dans chaque image il y a une allusion au personnage du film ou à l'idée que je m'en fais». Portraits: l’immeuble Yacoubian La série de portraits de l’immeuble Yacoubian se transforme en une sorte d’incantation visuelle, qui met en scène dans les lieux désuets du Centre ville du Caire des personnages réinterprétés ou fantasmés. Pour ceux qui ne pourront pas visiter l’exposition du Caire, Arnaud du Boistesselin propose une photographie par jour sur son blog.
Catherine Cornet
(28/02/2007)

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