Je danserais si je veux, film de Maysaloun Hamoud | Maysaloun Hamoud, Prix NETPAC, San Sebastian 2016, Toronto 2016, Zagreb 2016
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Djalila Dechache   

Je danserais si je veux, film de Maysaloun Hamoud | Maysaloun Hamoud, Prix NETPAC, San Sebastian 2016, Toronto 2016, Zagreb 2016Autant le dire tout de suite: c’est un film réussi.

Trois jeunes femmes palestiniennes se retrouvent dans un appartement en colocation à Tel – Aviv, ville réputée de toutes les audaces et de la fête.

Côté traditionnel, il y a Nour une sage et douce étudiante portant le voile .Elle est fiancée à son cousin Wassim. Ce dernier, musulman très pratiquant séduit les parents de Nour au village, avec un comportement irréprochable mais sa frustration va le trahir et le transformer en bête furieuse. Il faut noter la scène entre les deux femmes venues secourir Nour, lui faire sa toilette comme pour la restaurer, peau contre peau. La caméra est douce et bienveillante.

Côté Actuel, Leïla l’avocate fêtarde désabusée et Salma la rebelle tatouée, percée, donnent le ton de l’ambiance avec fumette, alcools, liberté.Leïla est aussi belle qu’une déesse, impériale, elle sait ce qu’elle ne veut pas et ce qu’elle veut: rester libre sans entrave. Pas de compromis pour cette jeune femme (très belle comédienne), attirante et attractive, sensuelle et qui pour réduire les charges contre son client, accepte de flirter avec un avocat de la partie adverse dans une affaire commune.

Salma enfin, peut-être la plus vulnérable, très attachante aussi avec son regard triste; elle travaille dans un bar, prépare une rave, boit pas mal, rend visite à ses parents avec une amie. Et c’est le tremblement de terre intérieur de toute une famille qu’il faut vite camoufler.

Ces trois femmes très différentes vont apprendre à se connaître bien sûr, à se supporter et à s’apprécier; à s’entraider. C’est l’image de l’affiche sur laquelle se termine le film, en terrasse; la nuit avec un ciel étoilé de lumières multicolores, dans une fête organisée dans leur appartement. Elles sont représentatives de la société actuelle.

Toutes les trois sont superbes, très belles et très fortes, chacune à sa manière et à son endroit va faire bouger les lignes convenues de la société.

Ce qui fait beaucoup de bien aussi est que l’on découvre des jeunes femmes avec les mêmes espérances que toutes les jeunes femmes des quatre coins de la planète.

Quelques mots sur la musique du film, elle est composée de plusieurs morceaux issus de la scène actuelle underground, électronique, très énergique, revigorante, festive et fait vibrer jusqu’à la salle de cinéma !

Maysaloum Hamoud a réalisé son film en pleine nouvelle résistance palestinienne lancée comme en écho avec les soulèvements du Printemps arabe.

La réalisatrice est membre de Palestinema, regroupement de cinéastes dont le but est de faire connaitre la culture arabe.

Un film réussi, beau, émouvant, attachant qui résume son titre, « Je danserai si je veux », et s’apparente à la fête d’un mariage arrangé par les parents, mariage qui comme chacun sait est, dans le monde arabe, la plus grande fête qui puisse exister au cours d’une vie.

//JE DANSERAI SI JE VEUX - bande-annonce JE DANSERAI SI JE VEUX - bande-annonce

Festival International de Toronto 2016 – Prix NETPAC du Meilleur film asiatique

Festival International de San Sebastian 2016 – Prix de la Jeunesse – Prix L’Autre Regard

Festival International de Haïfa 2016 - Prix du Public - Prix d'interprétation pour les 3 actrices, Prix du meilleur premier film

Festival International de Zagreb 2016 - Prix du Public - Prix Spécial du Jury Festival d’Annonay 2017 - Grand Prix du Jury et Prix du Public.

 


 

Djalila Dechache