Exposition «Arabicity» à Beyrouth | Iris Nadolny
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Iris Nadolny   
Exposition «Arabicity» à Beyrouth | Iris NadolnyAprès un bon accueil à la Bluecoat Gallery à Liverpool, l'exposition «Arabicity» est arrivée au Beirut Exhibition Center où elle restera jusqu’au 31 octobre.

Elle réunit neuf artistes du monde arabe : Les Palestiniens Basel Abbas et Ruanne Abou-Rahme (son, vidéo), la Syrienne Buthayna Ali (art plastique), l’Egyptien Chant Avedissian (peinture), le Libanais Ayman Baalbaki (peinture, animations), le Marocain Hassan Hajjaj (photographie), la Germano-Egyptienne Susan Hefuna (dessin, photographie, installations), le Soudano-Egyptien Fathi Hassan (installations) et la Palestinienne Raeda Saadeh (photographie, vidéo).

La réflexion sur l’héritage arabe est le fil rouge de cette mosaïque. Qu’est-ce qui est arabe? Quels événements, personnalités, habitudes composent l’arabité? Les artistes donnent des réponses très variées, selon leur pays d’origine, leur génération et leur vécu.

Certains, comme le Marocain Hassan Hajjaj, jouent sur les normes et les stéréotypes, d’autres, tel que le Libanais Ayman Baalbaki, se penchent sur des événements historiques. Son installation «Destination X» est l’une des oeuvres les plus commentées de l’exposition. La voiture chargée d’un tas de bagages est le symbole des bouleversements provoqués par la guerre. Le «X», qui exprime l’insécurité des Libanais fuyant les conflits et ne sachant où aller, souligne aussi le caractère universel de cette situation.

La photographie «Hassan’s Angel-Khadija» du Marocain Hassan Hajjaj montrant une femme voilée sur un scooter joue sur la relation ambigüe entre stéréotypes et réalité, tradition et modernité : Tout en étant voilée, elle montre ses mollets nus, porte des lunettes de soleil, dans un cadre composé de canettes de fanta.

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Ayman Baalbaki: Destination X (Rose Issa Projects)
Dans son autoportrait «Crossroads» , l’occupation israélienne et les attentes sociales semblent immobiliser la photographe palestinienne Raeda Saadeh : La femme, debout devant la porte de sa maison, à côté d’une grande valise, a un gros bloc autour du pied gauche qui l’empêche de se déplacer librement.

L’installation de pochoirs de l’Eyptien Chant Avedissian est une mosaïque surprenante d’éléments faisant partie du patrimoine arabe : elle montre des symboles pharaoniques et des têtes de personnalités égyptiennes des années 1950 à côté d’objets de tous les jours. L’artiste, qui a produit cet ensemble de peintures durant la guerre du Golfe, dit avoir voulu ainsi retenir tout un pan du patrimoine arabe qu’il sentait menacé.(1)

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Buthayna Ali: WE (Rose Issa Projects)
Déclencher une discussion sur l’art et l’héritage arabe, en Orient tant qu’en Occident, est l’objectif de cette manifestation. Katia Hadidian, la co-organisatrice de l’exposition, constate qu’en Occident, ce sont les informations négatives qui dominent lorsqu’il s’agit de parler de l’Orient.(2)
«Arabicity» donne donc la possibilité de montrer, à ceux qui n’ont jamais visité le monde arabe, que ce dernier a maintes facettes. Après son inauguration à Liverpool et à Beyrouth, l’exposition fera étape dans plusieurs métropoles, dont Moscou et Bruxelles.








(1) - Davis, Laura: Curator Rose Issa on The Bluecoat’s new exhibition Arabicity: Such a Near East. In: Liverpool Daily Post, 02/07/2010.
(2) - Kollock, Paige : Arabicity. Liverpool explores the cultural heritage of the Arab world. In: Now Lebanon, 03/09/2010.
Fotos: Rose Issa Projects

Jusqu’au 31 octobre 2010, tous les jours de 11 à 20h.
Beirut Exhibition Center
New Waterfront (Biel Entrance)
Beirut Central District

Plus d’informations:
www.roseissa.com/news.html

Iris Nadolny
(05/10/2010)


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