Plongée dans l’esthétique de Aurora Rumi | Perrine Delangle
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Perrine Delangle   

Plongée dans l’esthétique de Aurora Rumi | Perrine DelangleArtiste plastique née en Andalousie, Aurora Rumi a tout juste 30 ans. Diplômée des Beaux Arts à Grenade, elle a toujours été attirée par le dessin graphique, qu’elle a d’abord choisi comme option pendant sa formation artistique. Elle pratique aussi la photographie, le dessin web, l’animation et la vidéo. Elle abandonne finalement ces autres disciplines, pour retrouver le contact avec les matériaux et se dédier entièrement à la peinture. Contrainte à recourir parfois à de petits boulots supplémentaires, elle tente cependant de consacrer le plus de temps possible à son art.
Sa première série de tableaux intitulée «Playa» fut présentée à Grenade en 2006 et lui valu le premier prix du Concours Jeunes Artistes Plastiques, organisé par la ville. Ici, ses tableaux restent fortement inspirés par le dessin graphique, auquel s’ajoutent les traits du pop-art qu’elle aime pour sa simplicité et sa facilité d’accès, pour l’immédiateté du message et l’attractivité de l’image. Dans cette série de plus de 30 œuvres, qui explore les attitudes des gens à la plage, on découvre l’exceptionnelle capacité d’observation d’Aurora, un regard aiguisé, parfois comique, toujours très esthétisant. Elle dresse les portraits de ses contemporains à travers leurs poses plus que leurs visages, dans des contextes simplifiés quasi schématiques. Elle se plait à nous expliquer comment, dans sa démarche créative, la photographie est centrale: «c’est le point de départ de ma recherche, que j’élabore ensuite d’abord à travers le dessin graphique, puis à travers la peinture».
Radical changement de décor pour sa deuxième et dernière série intitulée «Slumming on past». Aurora explore et réactualise à travers la technique du collage «les tableaux de l’entrée de chez les grands parents». Qui n’a jamais vu ces œuvres d’un autre temps, aujourd’hui tout juste qualifiées de kitch, qui illustrent une scène de chasse, mettent en scène une maison isolée dans la campagne, selon des critères artistiques qui, s’ils eurent leur raison d’être, sont aujourd’hui complètement tombés en désuétude? Le collage permet à Aurora de réanimer ces tableaux, de re-peupler ces décors du passé, en explorant des associations d’idées qui, nous dit-elle, «peuvent lui être inspirées par une simple scène vécue dans le métro». Constructions totalement anachroniques, les collages de Aurora s’adressent à notre imaginaire collectif et nous donnent à réfléchir. Le choix du titre? un clin d’œil à une pratique touristique à la mode dans l’Angleterre des année 80, où les riches désoeuvrés en manque d’aventure se payaient des visites dépaysantes dans les quartiers ouvriers.

Plongée dans l’esthétique de Aurora Rumi | Perrine Delangle

Aujourd’hui, après avoir parcouru, non sans humour, une partie de ses inquiétudes esthétiques, Aurora souhaite commencer quelque chose de plus sérieux et de plus intime. En pleine transition dans son parcours artistique, elle voudrait aussi pouvoir exploiter indépendamment les possibilités de chacun des arts qui ont composé son parcours multidisciplinaire, en particulier celui de la photo et de la peinture. Que nous réservera la prochaine série de ses exploits? A suivre...


Perrine Delangle
(10/07/2008)

 


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