Entretien avec Mustafa Ali | Florence Ollivry
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Florence Ollivry   
Mustafa, pourquoi avez-vous accepté de participer à ce projet ?
Entretien avec Mustafa Ali | Florence Ollivry
Mustapha Ali
J’aime beaucoup me rendre au monastère de Mar Moussa. J’aime beaucoup cet endroit. J’ai beaucoup aimé le projet d’une pause spirituelle. D’un lieu qui puisse accueillir tout le monde, un lieu de méditation.
J’ai admiré dans la plupart des projets l’imagination des étudiants: beaucoup sont irréalistes mais beaux. Irréalistes car ce sont de jeunes architectes qui ne s’adaptent pas toujours très bien au lieu et ne témoignent pas toujours d’une solide connaissance de la typologie du site. Mais d’autres sont réalisables. Les architectes nous ont offert une belle collection d’idées.

Comment entendez-vous le concept d’«oasis spirituelle»?
Pour moi, le lieu sacré n’est pas l’oasis spirituelle : le lieu sacré, c’est le monastère, qui est en haut. Le lieu du concours n’est pas un lieu sacré. L’oasis sera construite sera comme une interface entre la nature et l’architecture. La spiritualité est en haut, dans le monastère. En bas c’est un lieu pour se reposer, dormir, échanger, manger.
Personnellement, j’aime à comparer l’oasis spirituelle à un «Khan» (caravansérail).
Le khan est une halte au sein de laquelle les négociants-voyageurs peuvent se reposer et se restaurer. Les khans, que l’on trouve en bon nombre en Syrie sur les anciennes routes de commerce, étaient eux aussi des lieux de rencontre «interculturels». Un khan n’est pas un lieu sacré. C’est une pause sur la route. Ici, le khan pourra être pensé comme une halte sur la route du monastère.

Le 2e prix tchèque semble traduire une certaine crainte d’imposer à la nature une construction à la surface de la terre. Partagez-vous cette appréhension, cette hésitation?
Ce projet est sans doute mon préféré, je le trouve très beau. J’aime beaucoup cette idée. Pourtant, les étudiants ne doivent pas avoir peur de construire au désert. L’important est de réussir à trouver une architecture qui peut être moderne, mais qui soit en harmonie avec le lieu, tout comme l’architecture du monastère de Mar Moussa est en harmonie avec le lieu…

Composer avec le désert
Nous choisirons, pour finir, de méditer sur cette vue du sculpteur : Trouver une architecture qui soit en profonde harmonie avec le lieu, qui, comme le monastère, ne détonne pas avec le désert, mais s’y inscrive discrètement.
Dans l’attente de fonds pour la construction, les négociations se poursuivront cette année encore entre le projet architectural et le désert. Il faudra aussi, en échafaudant les plans d’une structure capable d’accueillir 1000 personnes par jour, composer avec un autre problème… celui de l’eau, ressource limitée dans la région. Du dessein de l’architecte ou du désert, lequel des deux façonnera l’autre? Interaction à suivre….
Florence Ollivry
(23/10/2008)


Sitographie:
www.shamspiritualoasis.org
www.deirmarmusa.org
www.babelmed.net/Pais/Syrie

Bibliographie:
Mar Moussa, un monastère, un homme, un désert , Guyonne de Montjou, Albin Michel, Coll. Spiritualité, 2006

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