Le théâtre sur les routes des migrations: Astràgali en Grèce | Astràgali Teatro, Zacynthe, H.O.S.T., Ugo Foscolo, Fabio Tolledi, Cadix, Kostas Kapodistrias, Mario Longo, Ovide, Théâtre de Zante, Marie Bossaert
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A Zante, deuxième résidence artistique du projet H.O.S.T

Zacynthe la Ionienne, terre natale de Ugo Foscolo, est la quatrième étape du projet Host (Hospitality Otherness Society Theatre), avec l’Université du Salento aux commandes et la compagnie Astràgali Teatro à la direction artistique.

 

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Après Cadix, l’île méditerranéenne est le siège de la deuxième résidence artistique, commencée le 20 février dernier, coordonnée par le Théâtre de Zante, et dirigée par Fabio Tolledi, le directeur artistique d’Astràgali Teatro.

Entremêler la recherche socio-anthropologique et l’activité théâtrale dans des lieux fortement marqués par les migrations : c’est de ce défi que part le projet, soutenu par le Programme Culture 2007-2013 de l’Union Européenne.

Et c’est le rapport entre migration et narration qui constitue le fil conducteur du projet, comme le rappelle Fabio Tolledi, metteur en scène et directeur artistique d’Astragali Teatro, président du Centre Italien de l’International Theatre Institute – Unesco, coordinateur artistique des résidences. « Dans les sciences sociales, dit-il, le récit et le récit de soi des sujets sont considérées, depuis des années, comme un instrument essentiel pour comprendre des phénomènes particulièrement mouvants. Dans le cas présent, nous cherchons à lier l’analyse sociale à l’intervention théâtrale dans quelques lieux particuliers, fortement marqués par les migrations. Si le Sud de l’Italie, l’Espagne, la Grèce, Chypre et la France, lieux du projet, ont été des terres d’émigration lors du siècle dernier, elles sont devenues depuis une trentaine d’années les témoins et le point d’articulation fondamental de flux migratoires vers d’autres terres. Rendre aux personnes qui transitent la possibilité de raconter leur vie et leur condition migrante permet de regarder, avec d’autres yeux, cette mutation en acte. »

« Dans cette résidence, explique Kostas Kapodistrias, directeur artistique du Théâtre de Zante, sont présents des acteurs provenant d’Italie, de Grèce, de Turquie, de Pologne, d’Autriche, d’Ukraine, du Brésil, d’Angleterre. Un groupe particulièrement consistant, qui permet d’entrecroiser les histoires, les cultures théâtrales, les langues. Pour nous au Théâtre de Zante, c’est une magnifique occasion de développement et d’échange. » Enfin, c’est le Théâtre de Zante qui a aussi mis en place le très riche calendrier de rendez-vous et d’événements qui accompagne le déroulement de la résidence. Il permettra par ailleurs aux participants de découvrir et de connaître quelques traditions dramaturgiques grecques très particulières. La résidence s’achève le 2 mars, avec une mise en scène inspirée des Métamorphoses d’Ovide.

 

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Centré sur la relation entre théâtre et recherche sociale, le projet a donc comme objectif d’enquêter sur les dynamiques migratoires dans réalité des hommes et des femmes, et sur les lieux pivots des routes méditerranéennes, transformant et matérialisant ensuite ces histoires en un récit théâtral. Dans l’articulation du projet également, la dynamique intime est celle des routes. D’un côté, le travail de l’équipe scientifique coordonnée par Mario Longo, enseignant de sociologie à l’Université du Salento, responsable de l’activité de recherche, qui s’occupe de collecter biographies et données, en réalisant des entretiens avec des personnes qui ont vécu le phénomène de l’émigration ou qui ont subi celui de l’immigration. Il s’agit de réussir à comprendre une dynamique en mouvement continu et en évolution permanente.

De l’autre, l’expérience des résidences artistiques, moment dans lequel confluent récits et biographies des participants, provenant de différents pays méditerranéens, et celle de la production de spectacles, comme moment de synthèse et d’une possible nouvelle ouverture.

 


 

Traduction de l’italien Marie Bossaert