Latif Lahlou, cinéaste passionné et engagé | Sarah Ben Ammar
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Sarah Ben Ammar   
Latif Lahlou, cinéaste passionné et engagé | Sarah Ben AmmarC’est devant une salle comble que Latif Lahlou a présenté son dernier long métrage, Les Jardins de Samira , sorti en 2007 et pour lequel il a reçu le prix du meilleur scénario lors du dernier Festival des films du monde à Montréal. Pourtant, le cinéaste assure que son ambition n’est pas de décrocher des distinctions. «Je réalise des films qui posent des questions, qui suscitent la réflexion et qui participent à une prise de conscience. Je ne fais pas de films pour les festivals» affirme cet artiste passionné qui n’a d’ailleurs pas hésité à demander le retrait de son film de la compétition du festival international d’Alexandrie à cause «des comportements inconvenables» des organisateurs à l'encontre du cinéma marocain. Cinéaste sans compromis, Latif Lahlou met en scène des personnages qui vont au bout de leurs désirs, malgré les obstacles érigés par la société. C’est le cas de Samira qui refuse l’abstinence sexuelle imposée par un mari impuissant en nouant une relation torride avec le neveu de celui-ci. Second film réalisé en 1975, La Compromission décrivait déjà les rapports difficiles d’un couple. «Ce film traite de la question des luttes ouvrières dans une usine. Le mari se compromettait avec le patron mais la femme défendait la classe ouvrière...moi, je suis très politisé car j'étais militant de gauche et donc je ne peux pas concevoir un travail artistique qui n'ait pas un écho politique dans l'équipe...» explique le cinéaste marocain.

Une dimension sociale et universelle
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Latif Lahlou
Outre l’aspect politique, c’est surtout la dimension sociale qui sous tend le cinéma de Lahlou. «La société marocaine souffre énormément des tabous, de la culture féodale…» indique-t-il. Pourtant, pas question pour Latif Lahlou de faire dans le documentaire. «C'était absolument à éviter car je n'ai pas à donner des solutions. Les Jardins de Samira était un cas. Ce qui m'intéresse, c'est d'analyser le drame de ces deux êtres qui souffrent terriblement. Le problème de l'impuissance reste un tabou. On n'en parle pas au Maroc.» Hormis quelques détracteurs, les marocains ont accueilli favorablement le dernier long métrage de ce cinéaste subversif et audacieux. Peut-être parce que l’histoire de cette femme libre, prisonnière des traditions, dépasse largement les frontières du Maroc. Certains y voient des analogies avec Mascarade du cinéaste algérien Lyes Salem. «C’est vrai qu’il existe des préoccupations maghrébines communes» reconnaît Latif Lahlou. Et d’ajouter «mes films ont une connotation universelle et donc multiculturelle. Mais je ne suis pas un prophète. Je n'ai pas de message à transmettre. Je veux observer la société et faire partager mon approche avec les spectateurs...»

Sarah Ben Ammar
(11/05/2009)


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