HHS, groupe musicalement incorrect | Fadwa Miadi
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Dans un contexte guère clément, les HHS tout comme les autres groupes de musique alternative se heurtent à bien des écueils. Piratage, rareté des producteurs et des structures tant publiques que privées, tout semble se liguer contre les jeunes talents et pourtant ils prolifèrent. On ne compte plus les H-Kayne, Fnaire et autres Darga (traduire cactus) qui poussent précisément tels des cactus dans le désert. Probablement parce que nous assistons à l’émergence d’une récente génération qui n’a pas une mentalité d’assisté. «On ne nous aide pas. Non seulement on ne nous a pas aidé mais on n’a même pas pensé qu’on pourrait nous aider. Ici où tu trouves une solution à ton problème ou tu changes de problème», tranche Réda Allali.
Il ne nie pas non plus la large contribution d’Internet à leur popularité. «Sur notre site www.hobaspirit.com, notre premier morceau «Bienvenue à Casablanca» a été téléchargé 5000 fois en juin», se réjouit le leader des HHS. Et bien entendu, la pléthore de festivals qu’abrite le Maroc depuis une dizaine d’années a aussi favorisé leur émergence. S’il regrette que peu de ces manifestations valorisent réellement l’artiste, Réda Allali ne renie pas leur mérite et admet que «plus il y en a mieux c’est, à force les choses se professionnaliseront».
Réda et ses acolytes représenteront le Maroc à l’occasion des 5èmes Jeux de la Francophonie à Niamey (Niger) qui se dérouleront du 7 au 17 décembre. Et dire qu’en écrivant leur premier tube, ils ne pensaient pas une seconde que leur rayonnement pourrait un jour dépasser leur quartier casablancais... Fadwa Miadi
(03/10/05)
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  HHS, groupe musicalement incorrect | Fadwa Miadi Hoba Hoba Spirit. Ce nom ne vous dit peut-être encore rien mais retenez le bien. HHS, pour faire court, c’est l’un des groupes qui émerge parmi la récente vague qui déferle sur la scène musicale marocaine. Leur leader, Réda Allali, 34 ans, était programmé pour devenir ingénieur en informatique mais il en a décidé autrement. Aujourd’hui, outre la chronique désabusée qu’il tient dans l’hebdomadaire Tel Quel, ce guitariste chante avec cinq de ses acolytes des textes qu’il a lui-même écrits en arabe dialectal mâtiné de français et saupoudré d’English. Qu’est ce qui l’inspire? «Casablanca! C’est une ville où tu ne peux pas t’ennuyer! Tu t’installes à une terrasse de café et tu as trois chansons qui te tombent dessus!», explique Réda Allali, tangérois de naissance et casablancais depuis dix ans.
L’aventure a commencé presque par inadvertance en 1998 et elle semble promise à un bel avenir. Puisque le deuxième album des HHS, qui s’intitule Bled Skizo, est déjà dans les bacs. Le résultat? Huit morceaux décapants fusionnant les rythmes chaabi, rock, gnawi. S’il fallait absolument coller une étiquette à leur genre, les HHS revendique le style «haiha music», soit une musique festive à mille lieux «du bon goût officiel qui ne nous a pas inclus dans ses critères». D’ailleurs «Je ne sais si on doit le forcer à nous inclure ni si c’est une bonne chose qu’il le fasse?» s’interroge avec ironie Réda Allali dont le groupe faisait tout de même l’ouverture de la première édition du festival de Casablanca et où lui-même faisait office de conseil musical.
Mais ne concluons pas si vite que tout va bien pour nos cinq comparses qui font de la scène mais touchent également au cinéma. On les verra prochainement dans Il était une fois dans l’Oued, un film de Jamel Bensalah. Les producteurs ne se bousculent pas franchement au portillon. S’ils gagnent de plus en plus en visibilité grâce notamment au Boulevard des Jeunes, festival défricheur de talents underground dont la septième édition s’est tenue du 2 au 5 juin 2005, la plupart des groupes de la nouvelle génération sont condamnés à s’auto financer. C’est sans doute pourquoi, Bled Skizo, le deuxième opus des HHS, a été «totalement autoproduit». Et il est sorti en dépit du «mépris du système de production discographique et de mépris du système audiovisuel» rappelle Réda Allali. «Les producteurs de cassettes sont des business man qui ne vont jamais assister à aucun concert», réplique ce jeune homme qui décidemment n’a pas sa langue dans sa poche.
Autre problème, trouver une salle pour répéter ou donner un concert. En dehors de la saison des festivals, programmer une date relève du parcours du combattant. «Dans les maisons de la culture, on préfère inviter un type en costume qui déclame des poèmes sur la Palestine devant sa grand-mère et sa belle-sœur plutôt que cinq chevelus qui vont rameuter 500 bonhommes. Encore une fois c’est le bon goût officiel qui prime», estime Réda Allali qui ne craint pas de faire dans le politiquement incorrect.
Dans un contexte guère clément, les HHS tout comme les autres groupes de musique alternative se heurtent à bien des écueils. Piratage, rareté des producteurs et des structures tant publiques que privées, tout semble se liguer contre les jeunes talents et pourtant ils prolifèrent. On ne compte plus les H-Kayne, Fnaire et autres Darga (traduire cactus) qui poussent précisément tels des cactus dans le désert. Probablement parce que nous assistons à l’émergence d’une récente génération qui n’a pas une mentalité d’assisté. «On ne nous aide pas. Non seulement on ne nous a pas aidé mais on n’a même pas pensé qu’on pourrait nous aider. Ici où tu trouves une solution à ton problème ou tu changes de problème», tranche Réda Allali.
Il ne nie pas non plus la large contribution d’Internet à leur popularité. «Sur notre site www.hobaspirit.com, notre premier morceau «Bienvenue à Casablanca» a été téléchargé 5000 fois en juin», se réjouit le leader des HHS. Et bien entendu, la pléthore de festivals qu’abrite le Maroc depuis une dizaine d’années a aussi favorisé leur émergence. S’il regrette que peu de ces manifestations valorisent réellement l’artiste, Réda Allali ne renie pas leur mérite et admet que «plus il y en a mieux c’est, à force les choses se professionnaliseront».
Réda et ses acolytes représenteront le Maroc à l’occasion des 5èmes Jeux de la Francophonie à Niamey (Niger) qui se dérouleront du 7 au 17 décembre. Et dire qu’en écrivant leur premier tube, ils ne pensaient pas une seconde que leur rayonnement pourrait un jour dépasser leur quartier casablancais...
Fadwa Miadi
(03/10/05)