Clôture des 12èmes journées cinématographiques de Bejaia | Bejaia, Ghania Khelifi, Safaa Fathy, Nadia Touijer, Djamel Beloucif, Mehdi Ben Attia
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Ghania Khelifi   

Clôture des 12èmes journées cinématographiques de Bejaia | Bejaia, Ghania Khelifi, Safaa Fathy, Nadia Touijer, Djamel Beloucif, Mehdi Ben Attia

Clôture des 12èmes journées cinématographiques de Bejaia | Bejaia, Ghania Khelifi, Safaa Fathy, Nadia Touijer, Djamel Beloucif, Mehdi Ben AttiaUn espace pour les jeunes réalisateurs

En Algérie, la vie culturelle se résume souvent à cette succession de manifestations d’envergure « africaine » « arabe » et parfois même « internationale » alors que parfois, de l’autre côté de la rue du lieu de l’événement les habitants n’en sont pas informés. Mais là n’est pas notre propos. Les journées de Bejaia sont importantes et méritent d’être présentées parce qu’elles sont l’expression de la résistance de la société civile au prêt- à- penser de l’Etat et parce qu’elles sont un espace vivifiant pour des jeunes cinéastes maghrébins.

Créé en 2003 par l'association "Project' Heurts" ces rencontres ont réussi à se maintenir avec des ressources limitées et à attirer les jeunes réalisateurs nationaux et étrangers. Project ‘Heurts organise également un ciné-club régulier destiné aux lycéens et des ateliers d'"éducation à l'image" pour apprendre aux jeunes à faire des films avec des téléphones portables.

L’édition 2014 a d’ailleurs été inaugurée par la projection d’un court métrage de 10 minutes « Le Fantôme du musée », écrit et tourné avec un téléphone par 11 jeunes lycéens de Bejaia, encadrés par deux professionnels français dans un stage organisé par l’association. Un autre atelier en début de la manifestation proprement dite a été consacré aux « jeunes réalisateurs maghrébins désireux d’être accompagnés dans le développement de l’écriture d’un scénario personnel de court métrage de fiction pour leur permettre de consolider leurs techniques scénaristiques » selon le communiqué de l’association.

Consacrée au court métrage et au documentaire, l’ édition de cette année a présenté cinq longs métrages de fiction dont le tout nouveau «  El Wahrani » (L’Oranais) de Lyes Salem, « Loubia Hamra » de Narimane Mari, « C'est dans la boîte » de Djamel Beloucif, "Je ne suis pas mort" du Tunisien Mehdi Ben Attia et « Poussière d'empire » du vietnamien Lam Lé, des courts-métrages également comme « Passage à niveau » de Anis Djaâd, « Iminig » de Menad Embarek et « Les jours d'avant » de Karim Moussaoui , « Combodia 2099 » du franco-cambodgien Davy Chou, et « Précipices » de la Tunisienne Nadia Touijer.

La catégorie documentaire a été très riche avec 18 beaux films comme « Ramallah » de la réalisatrice française Flavie Pintel,  « Mohamed sauvé des eaux » de la Libanaise Safaa Fathy, et pour l’Algérie « El oued el oued » de Abdennour Zahzah et « H'na Berra » de Bahia Bencheikh El Fegoun et Meriem Achour. Ces œuvres loin des budgets pharaoniques portent dans leur majorité sur la quête des mémoires muselées, des identités brouillées et des rêves de paix et de liberté contrariés.

Un cinéma qui donne la parole aux vrais gens de pays où ils n’ont pas souvent le droit à l’expression. C’est dire le mérite de Project ‘Heurts qui a dû reporter ces journées, initialement prévues en juin, à septembre en raison de manifestations à Bejaia. Il a fallu ensuite lutter contre l’hostilité du ministère de la culture qui avait refusé toute aide financière en 2013 et qui a attendu la dernière minute en 2014 pour consentir une petite aide. Les organisateurs ont du aussi faire avec les moyens du bord en termes d’équipements techniques.

Comme toutes les autres villes du pays, Bejaia pourtant très touristique, est presque dépourvue de salles cinéma, la cinémathèque où se déroule la rencontre n’étant dotée, elle, que de moyens de projection obsolètes. Cette indigence n’empêche pas les autorités chargées de la culture de multiplier les « grands » événements de cinéma. En 2014, après avoir soutenu le lancement des 1eres journées cinématographiques de Sétif, située à une centaine de kilomètres de Bejaia, le ministère a organisé la première édition du festival culturel maghrébin du cinéma d’Alger.

De gros moyens alors que moins de 40 salles sont fonctionnelles en Algérie, avec à peine 4000 entrées par an selon les statistiques officielles. Alors, tenir les journées cinématographiques de Bejaia pendant 12 ans mérite bien une mention spéciale !

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Clôture des 12èmes journées cinématographiques de Bejaia | Bejaia, Ghania Khelifi, Safaa Fathy, Nadia Touijer, Djamel Beloucif, Mehdi Ben AttiaGhania Khelifi
13/09/2014