De 2001 à 2006 | babelmed
De 2001 à 2006 Imprimer
babelmed   
A l’automne 2000, la provocation d’Ariel Sharon se rendant en grand appareil sur l’esplanade des mosquées déclenche ce que l’on a appelé la seconde Intifada. Tous les groupes palestiniens vont la soutenir, chacun ayant sa branche armée, la brigade des martyrs d’Al Aqsa en ce qui concerne le Fatah, les brigades Ezzedine Al Qassam pour ce qui est du Hamas.
Arafat tente, tant bien que mal, de gérer la situation, déchiré entre la volonté de préserver les chances du processus de paix et le souci de ne pas se couper des sentiments profonds de la population palestinienne. Il est dans une position difficile. Mais il reste le leader de son peuple.
C’est ce que visiblement Israël se refuse à accepter. Un peu comme ce sera le cas pour le Hamas quelques années plus tard, Arafat va être déclaré interlocuteur non valable. On ne veut plus discuter avec lui. On le cantonne dans son palais, que détruisent en partie les chars israéliens. On lui impose de désigner un Premier Ministre supposé devoir être plus compréhensif. Ce seront successivement Abou Mazen ( Mahmoud Abbas) et Abou Ala ( Ahmed Qurei). Arafat ne pourra sortir de la Palestine, où il est ainsi enfermé, que pour venir mourir à Paris le 11 novembre 2004.
Pendant cette période, l’Autorité palestinienne poursuit son effort de mise en place d’un Etat, ainsi que je pourrai l’observer au cours de mes missions successives. Le cadre juridique se précise avec la promulgation de la loi fondamentale, qui va faire office de constitution provisoire, et de la loi sur l’organisation judiciaire. Les services du Premier Ministre commencent à s’organiser. Mais l’occupation israélienne compromet dans tous les domaines le fonctionnement régulier des services cependant que les pesanteurs et les interférences administratives ne se réduisent que fort lentement. Surtout, l’absence de tout résultat concret dans la voie d’un accord de paix et, bien au contraire, l’aggravation des conditions de la vie quotidienne, entraînent la détérioration progressive de l’image de l’Autorité palestinienne au sein de la population.
Mahmoud Abbas est certes élu, sans contestation sérieuse, et avec une large majorité, début 2005, à la succession d’Arafat. Mais il n’a pas le charisme de son prédécesseur et, sur le fond, Israël ne déviera en rien des positions qu’il avait prises du temps de celui-ci.
Ainsi en arrive-t-on aux élections qui donnent en janvier 2006 la majorité au Hamas. Cette consultation a été largement commentée. L’un de mes collègues et amis, Thierry Le Roy, a fait partie du collège des observateurs internationaux chargés d’en suivre le déroulement. Comme ses collègues, il a pu en constater la parfaite régularité.
Contrairement à ce que l’on a dit parfois, la victoire du Hamas n’a pas été écrasante. Il n’a réuni qu’un peu plus de 40% des suffrages. Mais des divisions au sein du Fatah et la présence de candidats indépendants lui ont permis de disposer de la majorité des sièges au sein du Conseil législatif. C’est donc à lui qu’il revenait normalement de conduire le gouvernement. La nomination d’Ismael Haniye au poste de Premier Ministre s’inscrit dans la logique d’un tel processus démocratique. Mais celui-ci, malheureusement, n’ira pas beaucoup plus loin.

Jacques Fournier
(07/04/2009)


mots-clés: