Journal de bord: Jeudi 30 novembre | babelmed
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Asim Uvez
Dernière ligne droite avant le choix définitif du jury et l’annonce samedi des 5 prix.
«Créativité, première œuvre» , la catégorie s’adresse aux jeunes réalisateurs qui ont tourné au maximum trois documentaires.
L’accent est mis sur l’originalité, la qualité du film, le travail d’auteur, l’écriture et la forme.

«Istimaryya Controvento tra napoli e Baghdad» de Michelangelo Severgnini (Italie). Un journaliste radio raconte sur les ondes napolitaines, le carnet de voyage de Shadi, jeune syrien, qui se perd dans les rues de Damas. Lors de ses pérégrinations, il rencontre une grand-mère palestinienne, une enseignante de Shatila, un instructeur de boxe, un moudjahid…
«Beekeeping after war» de Tomas Leach (Angleterre-Italie). Ce documentaire nous transporte dans les Balkans, à la rencontre d’apiculteurs qui ont depuis toujours fait du miel dans ces montagnes. Ces hommes et ces femmes ont subi les combats de la seconde guerre mondiale, le communisme. Et malgré tout, ils ont produit un miel exceptionnel.
«L’arabe du coin» de Kamal Redouani (France). Portrait de quelques immigrés de Kabylie ou du Haut Atlas marocain, qui en France font presque œuvre d’utilité publique: les épiciers arabes appelés presque affectueusement les «arabes du coin»
«It’s not a gun» de Hélèna Cotinier et Pierre-Nicolas Durand (France). En septembre 2005, la première école de musique gratuite pour les enfants des camps de réfugiés palestiniens voit le jour. Des musiciens français leur proposent un enseignement musical.
«Castells» de Gereon Wetzel (Allemagne). En Catalogne la formation de pyramides humaines, appelées «Castells» est une vieille tradition. La bataille se joue entre plusieurs quartiers du village. C’est à celui qui formera la plus haute pyramide…
«Quelques miettes pour les oiseaux» de Nassim Amaouche (France). A la frontière entre la Jordanie et l’Irak, un dernier village. Des activités parallèles s’organisent, prostitution, marché noir… jusqu’à l’arrivée de la police. Tout le monde s’envole !
Le jury a souligné la qualité du travail proposé; une bonne maîtrise pour des premières œuvres, mais dans le débat qui s’est engagé on a senti poindre une certaine déception. Notre jury avait envie de plus de plaisir, de sang neuf.
Rassurez-vous le film primé l’a été à une très large majorité, comme les quatre des autres catégories.
Nous ne vous en dirons pas plus…

Palmarès de la XIème édition du Prix du Documentaire et du Reportage Méditerranéen que vous découvrirez dimanche matin pour votre petit déjeuner.

L’Interview du jour

Asim Uvez, vous êtes directeur des achats à la TRT, quelle est la politique de la télévision publique turque en matière de documentaires (production interne, coproductions, achats)?
Sur la première chaîne, nous avons deux cases documentaires (une historique et l’autre sur des thématiques animalière, environnementale…), dans lesquelles nous diffusons essentiellement des documentaires achetés à la BBC. Nous avons une longue tradition de travail avec la chaîne britannique; nous achetons aujourd’hui également aux Etats-Unis. Sur TRT 2, nous avons deux cases documentaires dont une consacrée aux voyages en Europe. Nous approvisionnons également nos grilles de programmes avec des coproductions, que nous faisons avec les télévisions de l’UER (notamment des programmes pour enfants). Mais d’une manière générale, nous coproduisons très peu, nos achats correspondent à 60% de nos grilles et nous produisons en interne 25%. Ce qui représente une centaine de documentaires par an, essentiellement des biographies, des évènements typiquement turcs et c’est la raison pour laquelle 5% de cette production interne est exportée.
Vous avez visionné avec les 12 autres membres du jury international du Prix 31 documentaires, le directeur des achats que vous êtes a-t-il envie d’en acheter certains et de les programmer sur la TRT?
Oui. Il y a quatre ou cinq documentaires que je souhaiterais acheter. Nous avons sur la TRT un réel déficit de contacts avec les producteurs et les télévisions des pays d’Afrique du Nord. Et ma présence ici à Civitavecchia m’a permis de nouer des contacts professionnels forts intéressants notamment avec le directeur de Medimed dont le catalogue m’intéresse, ainsi qu’avec le producteur tunisien Habib Attia. Ce dernier a d’ailleurs déjà envoyé à mon bureau d’Ankara des Dvd de ses productions que je vais regarder avec beaucoup d’attention.
Le paysage audiovisuel turc est très concurrentiel (3 grands groupes se partagent 50% du marché hertzien), comment se positionne la télévision publique pour faire face à la baisse de son audience?
Les turcs regardent en moyenne la télévision 5 heures par jour. Nous avons plus d’une vingtaine de chaînes nationales et plus de 150 chaînes locales. Nous subissons comme toutes les télévisions européennes la concurrence des groupes privés. De manière très aigüe, car notre mission de service public nous donne des obligations.
Alors, pour lutter contre la concurrence des émissions de TV réalité, nous avons lancé de nouvelles séries, racontant des histoires traditionnelles turques ayant un impact fort sur le public des classes sociales moyennes et pauvres du pays, et cela commence à payer. Là où il y a trois, quatre ans lorsque je suis arrivé à ce poste, une fiction américaine raflait toute l’audience, la diffusion de ces films et séries très centrés sur la Turquie a permis d’inverser la tendance.


Rédaction CMCA
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