Journal de Bord du Prix: mardi 28 novembre Imprimer
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Journal de Bord du Prix: mardi 28 novembre | babelmed
Bernard Salomé
«Bonne à vendre» de Dima Al Joundi (France-Liban) retrace le parcours de jeunes sri lankaises fuyant la pauvreté de leur pays. Obligées d’abandonner leurs familles, elles sont formées au métier de bonne par des agences spécialisées, qui les exilent au Liban. Arrivées dans les familles, leurs passeports sont confisqués et elles se retrouvent «esclaves» du bon vouloir de leurs «maitres»
«Gambit» de Sabine Gisiger (Suisse). En 1976, l’explosion de l’usine chimique de Seveso, provoque une catastrophe écologique. Très vite, le chimiste, Jörg Sambeth, devient le bouc émissaire de cette affaire. Il sera condamné par la justice à 5 années de prison.
«Tunisie, le sommet de l’intox» de Christian Karcher (Suisse ). Une équipe de Temps Présent a suivi des membres de l’association tunisienne de défense des droits de l’homme. Différents points de vue sont exprimés sur la liberté d’expression dans cette démocratie.
«La danse enfermée» de Francis Fehr (France). Une prison de femmes… Un projet d’intégration… Une création artistique … Un chorégraphe, des détenues, une surveillante et des artistes volontaires ont réussi le tour de force de créer un spectacle de danse en trois mois en faisant sauter tous les verrous, administratifs et humains.
«Mémoire de plomb» de Valérie Gaget-Deslandes et Abdel Zouiouche (France). Un voyage au pays des larmes. Maroc 2004, Mohamed VI crée une instance Equité et réconciliation. Elle donne la parole à ceux qui ont subi des tortures entre 1956 et 1999. Des témoignages, retransmis à la télévision marocaine et qui ont bouleversé le pays.
«Badal» de Ibtisam Mara’na (Israël). Un mariage arrangé un peu spécial: les enfants d’une famille épousent les enfants d’une autre famille par l’entremise d’une marieuse, souvent une tante. Ce film met l’accent sur le poids de la femme, et de la mère dans les sociétés arabes.
Pour le deuxième jour consécutif le jury persiste et signe. Le débat d’hier sur la durée des films présentés et leur intégration dans des gri lles de programmes est relancé.
Pour Paolo Aleotti de Rai 3, «si un documentaire a besoin d’un temps plus long, cela peut devenir dangereux de s’en tenir aux formats habituels». Doit-on voter en laissant libre court à l’émotion ou primer les documentaires qui ont les meilleures chances de diffusion ? Pour la réalisatrice tunisienne Fatma Skandrani,«il n’y a pas que les télévisions qui peuvent diffuser, il y a également le cinéma pour ces documentaires plus longs.» Et Carolina Tubau, la réalisatrice catalane de renchérir «pourquoi les télévisions ne se posent jamais la question de la longueur des fictions, alors qu’elles se la posent pour les documentaires?». Le débat du jury s’est ensuite orienté vers les thématiques abordées dans les reportages, et notamment celui de la condition des femmes et du matriarcat dans les sociétés méditerranéennes. Avec ce mot du directeur de Medimed (marché du documentaire méditerranéen) Sergi Doladé qui a insisté sur la qualité de ces films qui «donnent la voix à ceux qui ne l’ont pas».
L’atelier formation
Parallèlement au Prix, le CMCA organise un atelier pour des journalistes-réalisateurs de l’ASBU. Pendant trois jours, ils ont visionné dans les mêmes conditions que le jury, les 18 films des catégories «Mémoires», «Enjeux méditerranéens» et «Reportage et documentaire . Et participé chaque soir à une réflexion sur les films du jour. Dena , Malika, Abdelkarim et Rachid, réalisateurs/journalistes des télévisions égyptienne, algérienne, jordanienne et marocaine, ont débattu longuement pour déterminer à quel film, parmi les 18 visionnés, ils allaient attribuer une mention spéciale. L’unanimité était rare, mais les discussions passionnées, chacun alignant ses arguments et découvrant parfois avec étonnement l’histoire, même récente, du pays de son voisin…et les sensibilités à fleur de peau se dévoilant quand il s’agissait du pays de l’un ou de l’autre. Tous ont dû se mettre d’accord, finalement, pour choisir LE film le plus apte a intéresser les publics de leurs pays respectifs. Un choix qui sera dévoilé lors du palmarès, samedi prochain.

L’interview du jour

Bernard Salomé, vous êtes le Conseiller spécial du Directeur de la Bibliothèque d’Alexandrie, toute la mémoire du monde pour une institution millénaire?
La Bibliothèque d’Alexandrie, c’est un rêve. La renaissance d’une tradition basée sur la culture, la mise en valeur du patrimoine, de la connaissance. C’est un privilège pour moi de participer, 18 siècles après sa destruction à la résurrection de la création de Ptolémée II.
Entre le 3ème siècle avant JC et le 3ème après JC, cette bibliothèque d’Alexandrie abritait 700.000 rouleaux, toute la mémoire du monde de l’époque en effet.Et imaginez que dans un an, 1 million de livres seront mis en ligne…

Depuis 4 ans la Bibliothèque renait de ses cendres, et les projets lancés à Alexandrie se sont développés à une allure gigantesque.
Oui. La bibliothèque d’Alexandrie, c’est aussi cette bibliothèque en ligne, 1200 ordinateurs, des bibliothèques spécialisées pour les enfants, les mal voyants…, 3 musées, 6 expositions permanentes, 9 centres de recherche dont un sur la calligraphie, un sur la Méditerranée. plus de 500 événements… et 1 million de visiteurs par an, dont 300.000 étrangers.

Nous travaillons pour permettre d’imprimer un livre à la demande. Alexandrie, c’est la bibliothèque numérique du futur.Notre mission et c’est cela qui me motive particulièrement dans ce travail, c’est lorsque je vois toute cette technologie numérique que nous sommes capables d’installer dans les pays en voie de développement ; par exemple, en Inde ou ici en Egypte, ces «comptoirs internet» pour enfants accessibles exlusivement à eux.

Rédaction CMCA
Suite du journal de bord demain.
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