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Journal de bord: Dimanche 26 novembre | babelmed
Maria Donzelli
La journée a commencé à 9 heures, par la désignation de Maria Donzelli, Directrice du Centre d’études sur les cultures de la Méditerranée de l’Université l’Orientale de Naples, comme Présidente du Jury de cette 11ème édition du Prix International du Documentaire et du Reportage Méditerranéen.
C’est la catégorie «Mémoires» qui a ouvert cette première journée: 6 documentaires ont été présentés, tous avec une charge émotionnelle très forte:
«Salonique, ville du silence», ville multiculturelle à majorité juive pendant un demi millénaire, mais qui s’en souvient aujourd’hui?
«Massaker», l’horreur du massacre du camp de Sabra et Chatila en 1982 au Liban, racontée par la bouche même des bourreaux. Des témoignages proches de l’insoutenable.
«Dopo Srebrenica», le drame de ces milliers de prisonniers musulmans bosniaques dont plus personne n’a entendu parler, qui laisse leurs familles dans l’impossibilité de commencer à faire leur deuil.
«Suite Egyptienne», la réalisatrice retourne en Egypte pour retrouver l’h istoire paternelle, qu’il n’a jamais voulu lui faire partager. Un drame humain peu connu qui s’est déroulé pendant les années Nasser et la répression contre les Communistes.
«L’OAS», documentaire exceptionnel réalisé par l’ENTV qui revient sur une période particulièrement douloureuse de la vie des algériens. Ce film a tenté d’apporter des réponses à ce pan de l’histoire de l’Algérie et de la France.
«Le testament de Tibhirine», récit touchant de la vie de 7 moines qui contre l’avis de tous, ont décidé de continuer leur vie dans leur monastère entourés de la population, malgré les menaces du groupe armé du GIA. C’est à travers le testament laissé par le père Christian, que nous découvrons les derniers instants de cette communauté religieuse.

L’interview du jour

Maria Donzelli, vous êtes professeur d’histoire de philosophie à Naples et avez créé en septembre dernier ce Centre d’études sur les cultures méditerranéennes, dans quel but?
Pour mettre en avant le dialogue entre les cultures. La construction de notre Europe doit passer par ce dialogue entre les deux rives de la Méditerranée. Notre identité européenne est composite ;on n’en a pas une seule et nous ne voulons pas en avoir une seule. C’est la raison pour laquelle nous devons porter des projets ensemble, dans les domaines de l’histoire, des langues, du patrimoine, de la communication. Nous avons ainsi passé des conventions avec les universités de Valencia, Tunis, Rabbat, Nice, La Sorbonne, et bientột Le Caire et le Liban. Nous avons mis en place un Master en relations socio-économique et culturelle, nous allons organiser des colloques notamment sur la littérature arabe, sur l’espace interculturel, et avons en projet de créer une semaine du documentaire à Naples en janvier prochain.

La communication, l’image donc pour favoriser ce dialogue entre les cultures?
Oui en effet. Voir des documentaires comme nous pouvons le faire ici à travers le Prix est essentiel. Que doit-on montrer pour essayer de communiquer? Quelle est la fonction de la communication à travers les images ? L&rsqu o;image a un impact immédiat aujourd’hui. Quelles informations passent de part et d’autre de notre Méditerranée? Cette multiplicité des points de vue, cette diversité d’expression, d’émotions, c’est cela qui peut nous aider à vivre ensemble, à profiter de cette diversité et d’en faire une richesse.

Rédaction CMCA
A demain pour un nouvel épisode du Prix...
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