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Jacques Chirac
Monsieur Jacques CHIRAC
Président de la République
Palais de l'Élysée

Paris, le 30 juillet 2006

Monsieur le Président,
Portant à votre attention les voix de plus de 5200 personnes
rassemblées par notre pétition libangaza.free.fr/, nous nous
adressons à vous aujourd'hui afin que les voix de la France et de
l'Europe s'élèvent face aux actes d'un État qui bafoue le droit
international au vu et au su des instances internationales.
La « communauté internationale » semble vouloir éviter à tout prix de
se prononcer sur la tragédie que vivent des populations civiles
libanaise et palestinienne, livrées à la violence d’une armée dotée
d’une puissance de feu sans commune mesure avec la leur, et qui jouit -
davantage encore depuis l’échec de la Conférence de Rome - d’un
sentiment d’impunité l’autorisant à violer en permanence le droit
international.

Monsieur le Président, ni le Liban ni la Palestine ne sont frappés par
une catastrophe naturelle pour que l’action de la communauté
internationale se limite à l’aide humanitaire, aussi nécessaire
soit-elle. Combien de morts, de villages détruits, de populations
chassées de leur terre faudra-t-il encore pour que cette communauté
internationale reprenne l’action politique et cesse d’apporter son
consentement tacite à la fabrication d’un nouveau Moyen-Orient que les
États-Unis appellent de leurs vœux et qui, fondé sur la réactivation
systématique des divisions ethniques et religieuses, ne pourrait
qu’engendrer la colère, l’humiliation et un immense sentiment
d’injustice ?

Le Liban, foyer culturel du Monde arabe, est-il devenu un modèle si
intolérable pour son voisin israélien pour qu’il veuille le détruire
dans ce qu’il a de plus précieux : sa société multi confessionnelle, sa
liberté intellectuelle, son pluripartisme politique ?
Faudrait-il attendre que le Liban soit réduit à un amas de décombres
pour que le cessez-le-feu puisse être réellement réclamé ?
Comment est-il possible d’accepter que les droits du peuple
palestinien, conformément aux résolutions des Nations Unies, ne soient
jamais respectés?
Comment justifier que trente élus du peuple palestinien soient enlevés,
menottés et cagoulés sans autre forme de procès, et que 70% de la
population palestinienne de Gaza soient privés d'eau et d'électricité
dans l'indifférence totale?
Comment accepter passivement de voir se recréer les conditions qui
conduisent cette région du Proche-Orient à s'embraser continuellement,
cette région où la notion de Droits de l’homme risque de disparaître au
profit d'une totale radicalisation des esprits et des mouvements?

Monsieur le Président, ne permettez pas que les enfants de Palestine et
du Liban grandissent dans le désir de récupérer par la violence une
dignité qui leur a été refusée. Veillez à empêcher la barbarie de semer
les germes d’un chaos mondial imminent.
L’immense réseau de solidarité avec les populations civiles du Liban et
de la Palestine qui a vu le jour à travers le monde vous engage très
fortement et vous encourage, Monsieur le Président, dans la seule voie
possible, celle de la négociation, pour voir enfin triompher une paix
juste et durable dans cette région du monde qui a déjà tant souffert.
Pour E-ARABESQUE, Association culturelle euro arabe domiciliée à Paris,
Rania SAMARA, présidente de l’Association
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