Istanbul Capitale Européenne de la Culture 2010 | Marie Bossaert
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Marie Bossaert   

2006-2010. En 2006, Istanbul était choisie pour être Capitale européenne de la Culture -depuis 2000, la fonction n’est plus réservée aux seules villes des pays membres. Demain, samedi 16 janvier, Istanbul sera Capitale européenne de la Culture. Des millions de personnes se réuniront dans la ville, de part et d’autre du Bosphore, pour célébrer le lancement de l’événement.
Istanbul Capitale Européenne de la Culture 2010 | Marie Bossaert
Les objectifs de cette année culturelle placée sous le signe des 4 éléments sont de trois ordres : la transformation urbaine, la promotion des arts et de la culture, et les retombées économiques du tourisme. L’accent sera mis sur l’urbain; sur la participation de la société civile (c’est cette dimension participative qui avait permis à Istanbul d’être sélectionnée); et sur le partage des cultures, notamment entre l’Europe et la Turquie. Le programme donne le vertige: plus de 400 événements sont prévus tout au long de l’année dans tous les quartiers, sans compter les projets qui n’ont pas encore été annoncés. Voilà trois ans que la Ville des Villes se prépare. Avant-goût d’une année où Istanbul dormira peu.

  • Projets urbains

Istanbul est une ville plurimillénaire, qui s’étend sur trois rives, et deux continents. L’agence Istanbul 2010, qui s’est occupée de toute l’organisation, s’est donc montrée particulièrement attentive à cette configuration urbaine particulière. De nombreux travaux ont été engagés, soit pour restaurer les grands monuments (Sainte-Sophie, le musée du palais Topkapi, etc.) et les divers quartiers (notamment le quartier historique de Sultanahmet, qui concentre le passé byzantin et ottoman de la ville), soit pour doter la ville de nouveaux équipements. Là encore, les projets se comptent par dizaines. Ils ont pour point commun d’attacher une grande importance au patrimoine urbain, et de vouloir doter les divers lieux culturels des technologies les plus avancées. Le travail effectué au musée archéologique de Yenikapi en est un bon exemple. L’objectif de rendre la culture et les arts accessibles à tous, et ce volontarisme didactique n’est pas la moindre des qualités d’Istanbul 2010.

  • Programme artistique et culturel

Donner une présentation exhaustive du programme artistique et culturel d’Istanbul 2010 est tout simplement impossible. Les plus courageux exploreront le site (en anglais et en turc uniquement) créé pour l’événement. Il y en a pour tous les goûts.

Arts visuels
Les arts visuels seront particulièrement bien représentés. «Live & works a Istanbul», l’un des principaux projets, associera à 10 artistes européens majeurs, venus en résidence à Istanbul, à 100 artistes locaux. Les travaux réalisés à la suite de cette collaboration, commencée en 2008, seront présentés à l’occasion d’expositions conjointes tout au long de l’année. De nombreuses plates-formes de travail seront par ailleurs mises en place, comme «Portable art 2010», ou «Amber, art & technology platform». A signaler également, les multiples ateliers et festivals de photographie et d’art contemporain.

Art traditionnels

L’année sera également l’occasion de mettre en lumière les arts traditionnels du pays, comme la calligraphie ou l’artisanat.

Musique
Le programme consacre une part égale à la musique turque «traditionnelle» et à la musique actuelle. Poursuivant les initiatives lancées en 2009, la ville organisera de nombreux concerts gratuits tout au long de l’année, en plein air. La programmation fera la part belle aux avant-gardes. Les deux temps forts de l’année seront «Istanbul on stage», qui donnera carte blanche à de jeunes musiciens, amateurs et professionnels, le 21 juin ; et le concert de U2, le 6 septembre, au stade Atatürk, à l’occasion de leur tournée «360 tour». Le festival sera d’autre part l’occasion d’une plongée dans l’histoire musicale ottomane, par exemple via la présentation des instruments traditionnels.

Arts de la scène

Si la programmation théâtrale est des plus prometteuses (avec, en mai, l’organisation de rencontres étudiantes), le volet consacré à la danse est absolument exceptionnel. Retenons la seconde compétition internationale de ballet, début juillet, et l’hommage rendu à la tradition des derviches.

Littérature

La littérature sera également à l’honneur en 2010. De nombreuses rencontres et concours seront organisés notamment autour de la poésie, par exemple le festival consacré à la poésie byzantine en mars. L’un des projets-phares, «My Istanbul», consistera pour 40 auteurs à raconter l’histoire d’un des 40 quartiers d’Istanbul, pour donner naissance à 40 livres. Car en 2010, il s’agit avant tout de raconter la ville. Par les images, et par les mots. Ainsi, un «Musée de l’Innocence» sera ouvert en juillet, à «Çukurcuma». Reprenant le roman du même nom écrit par O. Pamuk, ce musée donnera une présentation à la fois poétique et documentée d’Istanbul entre les années 50 et aujourd’hui. Ce sera là l’occasion pour le pays de se réconcilier avec son prix Nobel de littérature, et d’oublier les démêlés judiciaires suscités par ses propos sur le génocide arménien.

Les amateurs de beaux-livres seront comblés. Mention spéciale pour The World of Selim the Third .

Cinéma
Istanbul est probablement l’une des villes où se fait en ce moment l’histoire du cinéma. La Capitale Européenne sera fidèle à sa réputation. L’accent sera mis là aussi sur le collectif, le patrimoine, et la vie quotidienne, pour raconter l’urbain. D’où la grande place accordée au documentaire. 10 réalisateurs étrangers seront invités à tourner dans l’un des quartiers. Leurs contributions seront rassemblées dans un seul long-métrage en 10 parties, présenté lors du Film Festival. Ce n’est là qu’une des multiples initiatives. Un livre d’histoire du cinéma, «Istanbul cinema book», explorera la dimension cinématographique d’Istanbul.

  • La soirée d’ouverture

Mais avant de plonger dans l’aventure, place à la fête ! La soirée d’inauguration laisse elle aussi l’embarras du choix :

Taksim : 19h, Feux d’artifices - 20h25, concert de Tarkan, star de musique Pop

Bords de la Corne d’Or : 20h10, Spectacle sons et lumières. Grand feu d’artifice, organisé par Groupe F.

Kadiköy : 19h, Spectacle original avec la montgolfière - 20h25 Mor ve ötesi, groupe de rock stanbouliote

Sultanahmet : 19h, Mehter Takimi : musique militaire ottomane - 20h25, Mercan Dede mixant musique traditionnelle turque et sons électroniques du monde entier.

Pendik : 20h25, Kiraç chanteur pop-rock

Bagcilar : 20h25, Zara, groupe de musique traditionnelle

Beylikdüzü : 19h, Groupe de danses chamanes - 20h25 Nil Karaibrahimgil, chanteuse pop célèbre en Turquie.

Par ailleurs, de nombreux musées célébreront l’événement en ouvrant exceptionnellement leurs portes jusqu’à minuit.


Programmation (presque) complète, et en anglais : http://www.estanbul2010.com/



Marie Bossaert
(15/01/2010)

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