«Femmes et religions: points de vue de femmes du Maroc» | galerie Fan-Dok, artistes plasticiennes, égalité femme/homme, Zayneb Nasri, Hakima Lebbar
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Cette exposition regroupe uniquement des femmes: 21 artistes plasticiennes du Maroc qui ont réalisé des travaux sur la cohabitation des religions dans la cité, et sur la discrimination de la femme dans les différentes religions.

Elles sont marocaines, amazighes, arabes, andalouses, méditerranéennes, américaine, colombienne, françaises, italiennes, suisse, syrienne et égyptienne. Elles vivent dans différentes régions du Maroc (Tanger, Tétouan, Oujda, Fès, Casablanca, Rabat, Kénitra, Marrakech, Tiznit, Asfi). Elles ont moins de 30 ans, et plus de 70 ans. Elles sont juives, elles sont chrétiennes, elles sont musulmanes, elles sont bahaies, elles sont agnostiques, elles ont d’autres croyances ou pas…Elles sont célibataires, elles sont mariées… elles participent à la vie culturelle économique et sociale marocaine.

«Femmes et religions: points de vue de femmes du Maroc» | galerie Fan-Dok, artistes plasticiennes, égalité femme/homme, Zayneb Nasri, Hakima Lebbar 

Motivations

Bien que le projet d’égalité entre hommes et femmes soit inscrit dans la constitution, de grandes résistances perdurent et semblent être rattachées au religieux. Car dans la société marocaine patriarcale et pétrie de culture musulmane, les us, coutumes, et même les lois, ont été influencés par des traditions liées à des interprétations sexistes de l’islam.

Cependant, nombreuses et fortes, sont les voix des femmes et hommes déterminé-e-s à faire avancer cette question. Ils et elles considèrent que ce qui est en cause n’est pas tant la religion que sa « recontextualisation » et ils et elles s’autorisent à revisiter le texte religieux. Toutefois, la discrimination de la femme n’est pas le propre de la culture musulmane et les cultures chrétienne et juive ont aussi réservé un traitement inégal aux femmes autant dans leurs droits civiques (mariage, héritage, vote…) que dans leurs droits d’accès au savoir et aux ordres religieux. Et ce n’est que ces dernières années qu’on a vu des femmes s’octroyer le droit de relecture et d’interprétation des textes religieux. Cette démarche s’est d’ailleurs engagée dans les trois monothéismes et quelques femmes ont pu enfin devenir prêtre, rabbin ou imam.

L’idée d’un tel projet est donc de promouvoir l’égalité des sexes car malgré l’inscription de l’égalité femme/homme dans la constitution marocaine, de grandes résistances liées au religieux, continuent d’exister. Il a donc semblé opportun d’interroger et de consulter les femmes à ce propos.

«Femmes et religions: points de vue de femmes du Maroc» | galerie Fan-Dok, artistes plasticiennes, égalité femme/homme, Zayneb Nasri, Hakima Lebbar 

Ce projet a débouché sur :

-        une exposition d’art et un débat dans plusieurs villes,

-        la réalisation d’un livre qui réunit les travaux écrits et les travaux plastiques de plus de soixante femmes du Maroc, de différentes cultures religieuses (essentiellement juives, chrétiennes et musulmanes).

Les auteures et artistes ont été invitées à réaliser des textes et travaux sur la cohabitation des religions dans la cité, et la discrimination de la femme dans les différentes religions.

A travers leurs travaux, c’est la réflexion personnelle qui a été encouragée pour dénoncer les différentes formes de discrimination, de sexisme, de rejet, d’exclusion, de xénophobie et de racisme liées aux religions.Ainsi, il a été fait appel à la sensibilité et à l’intelligence des citoyennes et citoyens pour penser à des « signifiés » qui peuvent être ancrés inconsciemment en eux et sur lesquels ils et elles n’ont pas forcément réfléchi.

 

Pourquoi les femmes ?

Les religions n’ont pas échappé aux cultures dans lesquelles elles sont nées où le patriarcat devenait le modèle de fonctionnement des sociétés et c’est pour cela, qu’à travers l’histoire, ce sont en majorité (si ce n’est exclusivement) les hommes qui ont eu à gérer la question religieuse dans l’espace public. Etant donnée l’évolution qu’ont connue les sociétés et la place de plus en plus importante de la femme dans tous les domaines d’activité, de la pensée et de la recherche, ce projet entend donner la parole, uniquement aux femmes sur la question de la vie religieuse dans les villes afin d’entendre leurs avis.

Pourquoi la culture ?

Il n’est point de développement qui ne passe par la culture et l’accès et la participation au fait culturel contribue à la construction du bien-être social.

Pourquoi l’art ?

L’art fait appel à la sensibilité et à la créativité. L’art a cette faculté d’impliquer et de rendre acteur le « consommateur » car il l’invite à un avis sensible et réfléchi. Une production artistique pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses et chacun peut se projeter, s’approprier et continuer à penser l’œuvre qui l’a interpellée.

Pourquoi les arts visuels ?

L’image est plus forte que les autres moyens d’expression du fait d’abord de l’immédiateté de sa réception. En faisant appel au regard, à la sensibilité et à l’intelligence, les arts plastiques contournent les contraintes liées aux langues, à leur écriture et à leurs traductions. C’est pourquoi ils sont accessibles à la majeure partie des populations quel que soit leur niveau d’alphabétisation et quel que soit leur culture.

 

Prochain rendez-vous :

Exposition à la galerie Fan-Dok à Rabat du 17 mars au 11 avril avec une installation vidéo de Zayneb Nasri

Cette exposition a donné lieu à livre collectif : "Femmes et religions, points de vue de femmes du Maroc" qui vient d'être publié aux éditions « La croisée des chemins » en collaboration avec la galerie Fan-Dok. Le livre est disponible dans les librairies et à la galerie Fan-Dok.

«Femmes et religions: points de vue de femmes du Maroc» | galerie Fan-Dok, artistes plasticiennes, égalité femme/homme, Zayneb Nasri, Hakima Lebbar 

Le livre regroupe les travaux des :

Auteures : Aicha Belarbi, Asma Lamrabet, Lamia Berrada Berca, Saloua Zerktouni,   Salima El Mandjra, Ruth Grosrichard, Hind Aroub, Leila Bouasria, Elena Jimenez Moreno, Hafsa Bekri-Lamrani,Khadija Arouhal, Khadija Ikan, Meryam Demnati, Houda Merimi, Fouzia Farid, Nouria Rabeh, Houria Rabeh, Rachida M’Faddel, Anne Balenghien, Izza Genini, Shams Sahbani, Rim Battal, Giselle Nesmon, Siham Benchekroun, Fanny Mergui, Kenza Sefrioui, Maha Sano, Sanaa El Aji, Naima Benwakrim, Nezha El Ouafi, Latifa Abousaid, Anne marie Teeuwissen, Salima Benmoumen, Merieme Yafout, Melanie Frerichs-Cigli, Jamila El Mossali, Nima Zahara, Zakia Iraqui, Khadija Rouissi, Michèle Zirari, Sabah Chraibi, Sara Borillo et Michela Pandolfi.

Artistes : Drissia Aouididden, Cherifa Rabeh, Ahlam Lemseffer, Lamia Skiredj, Malakout Sabry, Asma El Ouriachi, Rahima Aaroud, Florence Arnold, Malika Agueznay, Houda Terjuman, Yacout Kabbaj, Leila Ghandi, Nawal, Elena Prentice, Myriam El Haik, Yasmina Ziyat, Khadija Tnana, Catherine Bendayan, Christina Torres, Fadila El Gadi et Zineb Benjelloun.

 

Hakima Lebbar, psychanalyste et commissaire d’exposition.

 
 
 
 
 
 

 

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