22ème Festival international du documentaire | Antonia Naim
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Antonia Naim   
22ème Festival international du documentaire | Antonia NaimRendez-vous à Marseille avec les images du réel, et pas seulement : le 22ème Festival international du documentaire (FID) ouvre ses portes du 6 au 11 juillet 2011.Il présente, et parfois revendique, un choix de films qui dépasse les genres, les oppose, avec des allers-retours entre fiction et documentaire, entre fiction intime et récit de la réalité.

«Ce travail de défrichage nous apportera de bien belles surprises», souligne le délégué général du FID, Jean-Pierre Rehm. On veut bien le croire, car, d’année en année, la programmation de ce festival à la fois rigoureuse, riche et éclectique, parfois même trop riche avec ses nombreux thèmes, ses dizaines de projections et ses sections parallèles qui traversent obstinément les frontières, emmènent les spectateurs au théâtre national de La Criée, à la bibliothèque de l’Alcazar, à la Maison de la région, à l’Espace culture, et ailleurs encore, où les projections se déroulent simultanément. On prend des risques au FID et c’est tant mieux.

En sélection officielle, une attention particulière est portée au Liban, représenté par deux films: Les trois disparitions de Soad Hosni de Rania Stephan sur l’actrice-icône du cinéma égyptien - née au Caire en 1943, elle a joué dans près de cent films, elle se suicide à Londres en 2001 -, et La montagne de Ghassan Salhab, une réflexion sur l’acte de création.

Un grand classique du cinéma égyptien, La Momie , de Shadi Abdel Salam, sera présenté par la section «En chantier» dans une copie restaurée que l’on doit au travail remarquable de la cinémathèque de Bologne en collaboration avec la World Cinema Foundation de Martin Scorsese (les adeptes de Cannes avaient pu le voir en 2009). Toujours dans la même section, des images ou des bribes d’images autour des révolutions en cours dans le monde arabe avec On boys, girls and the veil de Yousry Nasrallah (Egypte, 1995), Plus jamais peur de Mourad Ben Cheikh (Tunisie, 2011) et Révolution – Work in progress de Jean-François Hassoun (France, 2011), ces deux derniers en première mondiale. Enfin le film La nuit elles dansent, de Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault, fait entrer les spectateurs dans la vie d’une famille de danseuses du Caire.
Une table ronde est prévue autour de cette section parallèle en présence des réalisateurs présentant leurs projets en cours et de Hichem Ben Ammar, Rania Stephan, Ghassan Salhab, Mourad Ben Cheikh.

Autre moment fort du festival 2011, les « Rencontres méditerranéennes », organisées avec le soutien de Marseille Provence 2013, ont été conçues pour pouvoir créer une plate-forme d’échanges et de collaborations entre écoles, festivals et programmateurs des deux rives de la Méditerranée et faire du FIDMarseille et du FIDLab un moment de rencontre autour des questions de production, de diffusion et de formation.
Dans le même esprit, une réunion des écoles d’art et de cinéma de la Méditerranée est organisée durant le festival afin de constituer un groupe d’une dizaine d’étudiants et de jeunes réalisateurs (cinq écoles ont rejoint l’aventure, l’École supérieure des arts visuels de Marrakech au Maroc, Bejaia Doc en Algérie, l’Institut d’études scéniques, audiovisuelles et cinématographique de l’Université Saint Joseph de Beyrouth au Liban, l’École supérieure des beaux-arts de Marseille et le Master documentaire d’Aix-en-Provence).
Album de famille , un film collectif signé Nassin Amaouche, Mais Darwazah, Simon El Habre, Erige Sehiri, Saméh Zouabi (France-Palestine) et A girl and a tree , du Slovène Vlado Skafar font partie de ces projets présentés au FidLab.
En parallèle, dans le cadre de la « Coordination des festivals méditerranéens – FestMed » qui part du constat que les festivals contribuent de plus en plus à soutenir les réalisateurs et producteurs en amont des projets, en favorisant les rencontres, en développant les plates-formes de soutien à la coproduction, se tient une réunion le samedi 9 juillet sur le rôle des festivals dans les processus de production et dans la formation des jeunes cinéastes.
Les « Rencontres nationales du dispositif lycéens et apprentis au cinéma », le 7 et 8 juillet 2011 feront, quant à elles, le bilan national annuel du dispositif / Formation et temps de réflexion, en lien avec la programmation du FID. Ces journées sont co-organisées par le CNC (Centre national de la Cinématographie et de l’Image Animée) et Cinémas du Sud (coordination régionale PACA de Lycéens et apprentis au cinéma) accueillies par le FIDMarseille avec le soutien de la DRAC et de la Région Provence-Alpes-Côté d’Azur.

Enfin, la section «Lieux fictifs», un laboratoire européen de création sonore et visuelle présente des films indépendants, du cinéma expérimental ou des œuvres d’art-vidéo, dont celles de Nadim Asfar à la Galerie d’art contemporain de Marseille. Et parmi les séances spéciales, le réel noir est à l’honneur avec le film De jour comme de nuit de Renaud Victor qui nous plonge dans la vie quotidienne de la prison des Baumettes à Marseille.

Antonia Naim
(08/07/2010)


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