Un festival au féminin pluriel | Fadwa Miadi
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Fadwa Miadi   
  Un festival au féminin pluriel | Fadwa Miadi Une intonation gorgée du soleil tunisien de son enfance. Un brin de femme pétulant. Car de l’enthousiasme il en faut une sacrée dose pour se réveiller un beau matin et décider de créer un festival contre l’exclusion et pour la tolérance. Et c’est le défi que s’est fixé il y a bientôt dix ans Claudine Drame, fondatrice et présidente de cette manifestation dont la prochaine édition se déroulera du 2 au 8 mars à Paris.
Après avoir consacré en 2005 un focus au cinéma marocain, le Fifet, organisée cette année en partenariat avec Ni putes ni soumises, mouvement français né en 2003 suite à la «Marche des femmes contre les ghettos et pour l’égalité», a choisi à l’occasion de sa septième édition de mettre l’accent sur les thèmes de la discrimination, de l’exclusion et de l’intolérance dont les femmes sont victimes. Et le 8 mars, Journée internationale de la femme, qui coïncide avec la soirée de clôture du festival constituera le point d’orgue de la manifestation avec la projection du film sri lankais Flying with one wing.
Mais revenons d’abord à la généalogie de ce festival et à la mobilisation de sa fondatrice. «C’est lié à ma profession, professeur d’histoire, et donc à mon intérêt pour les questions de société et du monde en général. A un moment, je me suis aperçue que certaines choses évidentes ne passaient plus auprès des élèves et je me suis dit qu’il fallait trouver d’autres voies pour les y sensibiliser. Et comme je m’intéressais beaucoup au cinéma, je me suis dit pourquoi ne pas entreprendre un travail de réflexion et d’échanges autour de films», répond Claudine Drame dont le destin personnel explique également son intérêt pour ces questions. Son parcours, elle le résume par des lieux: son Tunis natal, le Sarcelles de son adolescence, le Paris de ses études, la Martinique où elle a suivi un époux et enfin le retour à Paris avec des enfants issus d’un mariage mixte.
C’est de tout cela qu’est né le Fifet en 1997, à l’occasion de l’année européenne contre le racisme, à Drancy, en banlieue parisienne, «où» rappelle-t-elle «ont été regroupés les Juifs avant leur déportation à Auschwitz, et donc un lieu symbolique de l’horreur à laquelle peut mener l’intolérance». Intégré au programme de l'Unesco jusqu'en 2001, c'est dans les murs de cette institution internationale parisienne que se sont déroulées les trois premières éditions de ce festival. Parallèlement, il a eu l'occasion de s’expatrier le temps d’une édition à Saintes (France), à Montréal mais aussi à Durban en Afrique du Sud en 2001.
En 2006, le FIFET, qui avait ces dernières années élu domicile dans les salles parisiennes privées avant de faire escale à l’Unesco le temps d’une édition, sera abrité cette année par la Cité des Sciences et de l’Industrie. En projetant des films (Presque Frères, Etre sans destin, Zulu Love Letter, Sophie Scholle, Badis) tournés aux quatre coins de la planète (Brésil, Hongrie, Afrique du Sud, Allemagne, Maroc etc), cette manifestation tentera pour la septième fois de «rassembler et d’être un vecteur de rencontres et d’échanges». La directrice du Fifet croit énormément aux débats qui peuvent naître notamment entre milieux scolaires différents, principaux publics ciblés, dans le cadre d’un festival ayant une telle thématique. «Je ne dis certes pas que ces échanges vont changer le monde mais c’est déjà beaucoup s’ils permettent de prendre conscience de certaines choses et de connaître l’autre. D’autant plus qu’en ce qui concerne le public scolaire, ces réflexions s’insèrent dans le contenu des cours», poursuit Claudine Drame qui a foi en l’éducation par l’image et le regard. Fadwa Miadi
(27/02/2006)
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