FIDMarseille 2014 | FIDMarseille, Pier Paolo Pasolini, Marguerite Duras, Jean-Luc Godard, Gonzalo de Pedro Amatria, Mohammad Ali Atassi, Ziad Homsi, Antonia Naim
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Antonia Naim   

// Eau argentée Syrie autoportrait, de Oussama Mohammed et Wiam Simav Bedirxan (Les Films d’Ici) Eau argentée Syrie autoportrait, de Oussama Mohammed et Wiam Simav Bedirxan (Les Films d’Ici)

Ce n’est que le début d’un riche et foisonnant programme - 134 films projetés pendant une semaine, jusqu’au 7 juillet - et autant de fenêtres sur le réel mais aussi des images et des narrations qui empruntent autant au documentaire qu’à la fiction ou qui relèvent du travail expérimental, de l’essai filmique, arrivant de toute la planète mondialisée...

Parti prix de ce festival marseillais : un choix de films singuliers - les films répondant à un quelconque formatage y sont bannis- une très grande exigence, le pari des films rares avec un clin d’œil aux films de patrimoine, de plus en plus présents au fil des années…

Encore cette année le festival explore les intersections du cinéma et de la littérature.

En 2013, Pier Paolo Pasolini était au programme à l’intérieur et à l’extérieur du FID, avec des projections et des événements en coopération avec d’autres lieux qui rendaient également hommage au poète et cinéaste, dont une soirée spéciale au Mucem (autour d’archives inédits de la Cinémathèque de Bologne et du film Mamma Roma), une autre autour d’archives à l’INA Méditerranée et au CRDP, une exposition (Centre internationale de la poésie- CIP),des conférences et des lectures (Alphabet ville…).

Cette année encore la littérature et le cinéma sont là avec l’hommage à Marguerite Duras, à « une femme cette fois, écrivain et cinéaste elle aussi» comme l’écrit Jean Pierre Rehm, directeur du festival. Et c’est précisément «sous les auspices donc de cette magnifique règle de l’équivalence (la littérature et le cinéma) ou de ce que Marguerite Duras elle-même a appelé la java de la valeur » que nous sommes invités à nous placer.

//Jeanne Moreau e Lucia Bosé: Nathalie Granger, de Marguerite DurasJeanne Moreau e Lucia Bosé: Nathalie Granger, de Marguerite DurasQuatre programmes, La Vie Matérielle, La Douleur, La Java de la Source, Les Yeux Verts, regroupent les films de celle qui a aimé passer du roman au cinéma avec Détruire dit-elle (France, 1969, 100’), Jaune le soleil (France, 1971, 80’), Nathalie Granger (France, 1972, 83’), La femme du Gange (France, 1974, 100’), India Song (France, 1975, 120’), Le camion (France, 1977, 76’), Baxter, Vera Baxter (France, 1977, 91’), Césarée (France, 1978, 11’), Aurélia Steiner (France, 1979, 35’), Le navire Night (France, 1979, 90’), une rétrospective qui montre aussi des films moins connus comme Agatha ou les lectures illimitées (France, 1981, 90’), Les enfants (France, 1985, 90’), cosigné avec Jean Mascolo et Jean-Marc Turine...

FIDMarseille 2014 | FIDMarseille, Pier Paolo Pasolini, Marguerite Duras, Jean-Luc Godard, Gonzalo de Pedro Amatria, Mohammad Ali Atassi, Ziad Homsi, Antonia NaimEn écho ou pas au travail de la romancière/cinéaste le FID propose aussi un programme éclectique de films inédits ou rares, dont la liste serait longue à établir, signalons juste quelques titres comme Match retour du roumain Corneliu Porumboiu, autour de deux équipes de foot de Bucarest sous l’ère Ceausescu, Voyage en Occident du cinéaste taiwanais Tsai Ming-Liang, qui a été tourné à Marseille, Mercuriales, le premier et étonnant long-métrage de Virgil Vernier (présenté par l’ACID à Cannes cette année et produit par Shellac, à qui l’on doit un remarquable travail de production et distribution) ou une interview croisée de Jean-Luc Godard et Marguerite Duras, diffusée dans la mythique émission Océaniques de FR3 en 1987, en partenariat avec l'INA.

Parmi les autres sections et programmes, « El Futuro », programmé par Gonzalo de Pedro Amatria, est consacré au cinéma politique espagnol contemporain, et axé sur la crise, à l’Espagne qui résiste… côté ibérique on peut voir également le premier film du producteur catalan Luis Minaro, Stella cadente, présenté en partenariat avec Horizontes del sur et Cinéhorizontes, festival marseillais dédié au cinéma espagnol qui a lieu en novembre, très suivi dans la cité phocéenne.

FIDMarseille 2014 | FIDMarseille, Pier Paolo Pasolini, Marguerite Duras, Jean-Luc Godard, Gonzalo de Pedro Amatria, Mohammad Ali Atassi, Ziad Homsi, Antonia NaimParmi les films issus des 14 pays en compétition au FID cette année (Allemagne, Belgique, Brésil, Chili, Croatie, États-Unis, France, Irlande, Liban, Mexique, Portugal, Royaume-Uni, Syrie, Turquie) citons Le bruit du temps, Messaoud, d’Anne-Marie Faux (Algérie / France, 2014, 63'), Mitch- The diary of the schizophrenic patient de de Damir Cucic et Misel Skoric (Croatie, 2014, 75'), en première internationale Mâsuk’un Nefesi Breath of Beloyed, de Murat PAY (Turquie, 2014, 87') et Motu Maeva, de Maureen Fazendeiro (France / Portugal, 2014, 42').
Le cinéaste libanais Ghassan Salhab rencontrera le public au cours d’une master class le 5 juillet à la Villa Méditerranée. Une autre master class est prévue avec le réalisateur chinois Wang Bing dont sera présenté en première française Til madness do us part. A la folie (Hong Kong/France/Japon, 2013, 228’).

// Eau argentée Syrie autoportrait, de Oussama Mohammed et Wiam Simav Bedirxan (Les Films d’Ici) Eau argentée Syrie autoportrait, de Oussama Mohammed et Wiam Simav Bedirxan (Les Films d’Ici)

 

La Syrie, la douleur…

La Syrie sera présente en compétition, avec un film en première mondiale, Our terrible country, de Mohammad Ali Atassi & Ziad Homsi (Syrie, 2014, 85'), en compétition premier film avec le film Haunted, de Liwaa Yazji (Allemagne / Syrie, 2014, 113') et dans l’écran parallèle « La douleur », avec le magnifique et tragique film d’Ossama Mohammed cosigné avec la Syrienne kurde de Homs Wiam Simav Bedirxan, Eau argentée Syrie autoportrait (France/Syrie, 2014, 92’), un essai cinématographique et autobiographique coréalisé à distance et présenté au dernier festival de Cannes (où les deux auteurs se sont rencontrés pour la première fois). Le film est proposé ici par Arte et le Ciné-Club syrien créé en association avec Norias Europe-Syrie et le cinéma l’Accattone à Paris, pour rendre hommage aux cinéastes de la Révolution.

//"Our Terrible Country", de Mohammed Ali Atassi et Ziad Homsi"Our Terrible Country", de Mohammed Ali Atassi et Ziad Homsi 

 

Du dehors au-dedans : le prix Renaud Victor

Le FIDMarseille et Lieux Fictifs organisent la quatrième édition du Prix Renaud Victor, du nom du réalisateur marseillais auteur du très beau film De jour comme de nuit (1991), une immersion pendant deux ans dans la vie quotidienne de la prison des Baumettes et dont l’œuvre a inspiré le travail mené par Lieux Fictifs (Joseph Cesarini et Caroline Caccavale) dans cette prison. Une sélection d’une dizaine de films en compétition sera présentée à un jury de personnes détenues pour « faire entrer, un peu, du dehors au-dedans »…
 

Les films en devenir : le Le FIDlab et le FIDCampus

Espace de travail autour de projets de films sélectionnés en réponse à un appel international, le FIDlab est un espace né pour offrir aux réalisateurs l’opportunité de rencontres avec des producteurs, diffuseurs, distributeurs et des informations sur les fonds de soutien. Chaque année, 10 projets internationaux sont sélectionnés, sans critères de format, de durée, de sujet, fictions et documentaires, qu’ils en soient au stade d’écriture, de développement ou de postproduction. Il permet aux porteurs de projets de montrer les images de leur film (repérages, rushes, premiers montages) et les influences artistiques et cinématographiques qui ont nourri leur film en devenir.

Le FIDCampus, programme de formation à destination d’étudiants et jeunes réalisateurs européens et méditerranéens, dont la première édition s’inscrivait dans CAMPUS 2013, projet de Marseille-Provence 2013, est pérennisé par le FID. Il développe une plateforme de rencontres et d’échanges autour de la jeune création (architecture, arts visuels, cinéma, danse, photo, théâtre et vidéo). Onze étudiants issus d’écoles de cinéma et d’art d’Europe et du pourtour méditerranéen participeront à ce programme de formation, leur films de fin d’études seront analysés par Dominique Auvray, monteuse, Valerie Jouve, photographe et réalisatrice, et Ghassan Salhab, réalisateur, et présentés au public lors d’une séance spéciale FIDCampus à la Maison de la Région.

 


 

Antonia Naim

05/07/2014

 

 

FIDMarseille. Du 1er au 7 juillet 2014. Lieux : Silo, MuCEM, Villa Méditerranée, Variétés, BMVR Alcazar, Maison de la Région, Théâtre Silvain. Informations : 04 95 04 44 90 www.fidmarseille.org

14 pays de production représentés : Allemagne, Belgique, Brésil, Chili, Croatie, États-Unis, France, Irlande, Liban, Mexique, Portugal, Royaume-Uni, Syrie, Turquie.

FIDCampus, les films sélectionnés : Julian BALLESTER, RUE CURIOL (Master des Métiers du film documentaire de l’Université Aix-Marseille, Aix-en-Provence), Razik BENHALLAL, LA GRANDE PRISON (Ateliers Bejaïa Docs, Bejaïa, Algérie), Lorris COULON, IL S’APPELLE PÉGASE (ESAV, École Supérieure d’Audiovisuel, Toulouse), - Ahmed GHONEIMY, LA GROTTE (Centre de Culture Jésuites, Alexandrie, Égypte), - Marko GRBA SINGH, AT LEAST WE’VE MET (Faculty of Dramatic Arts, Belgrade, Serbie), - Anas GZENAY, SANS QUE FREUD NE S’EN MÊLE (ESAV, École Supérieure des Arts Visuels, Marrakech, Maroc), - Meryll HARDT, UNE VIE RADIEUSE (Le Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains, Tourcoing), - Celia HAY, DÉCLIVITÉ (ESADMM, École Supérieure d’Art et de Design de Marseille Méditerranée, Marseille), Dhia JERBI, MARHOUJA (ISAMM, Institut Supérieur des Arts Multimédias de la Mannouba, Tunis, Tunisie), Pauline LAPLACE, BISON 6 (La Fémis, Ecole Nationale supérieure des Métiers de l’image et du son, Paris), - Cyril NEHME, PEOPLE DISAPPEAR ALL THE TIME (IESAV, Institut des Etudes scéniques, audiovisuelles et cinématographiques de Saint-Joseph, Beyrouth, Liban).